© INTERNERéduire la voilure, remplir son carnet de commandes, vendre certaines activités, voilà quelques tâches auxquelles le groupe français Alstom va s'atteler dans les prochains mois. Même si la Commission européenne n'envisage plus de suspendre le plan de sauvetage du spécialiste français de l'énergie et des transports, elle n'a toutefois pas donné son feu vert à l'entrée de l'Etat dans son capital. Elle ne le fera qu'après enquête. Le ministre de l'Economie et des Finances espère que cette autorisation interviendra aux "alentours de Pâques".
Réduire les dépenses tout d'abord. Francis Mer a estimé que le salut d'Alstom ne ferait pas l'impasse d'un certain nombre d'économies. "Le plan est en cours de réalisation, concernant les réductions d'effectifs, les concentrations, les spécialisations, depuis le début de l'année et il continuera à se faire". Le groupe, qui doit procéder d'ici 2005 à 7.000 suppressions d'emplois dans le monde dont 5.000 en Europe, sur un effectif total de 118.000 employés, "a commencé à mettre en place ce programme", a indiqué lundi soir Patrick Kron, Pdg d'Alstom. Les syndicats du bureau du comité de groupe France seront reçus jeudi après-midi par ce dernier. Le site de Belfort est d'ores et déjà concerné par 900 suppressions d'emploi. Les salariés sont d'ailleurs invités à manifester mercredi pour défendre l'emploi.
Energie positive
Autre moyen de réduire son endettement : vendre certains actifs. Objectif : céder 3 milliards d'euros d'actifs. Alstom en aura vendu pour 2,5 milliards d'actifs à la fin de l'année, après la cession de sa branche Transmission et Distribution au groupe public nucléaire Areva pour 950 millions d'euros. "D'autres actifs sont en vente mais les conditions de cession sont actuellement difficiles et je veux vendre au mieux pour Alstom", indique Patrick Kron dans un entretien au quotidien Le Monde daté de mercredi.
Côté carnet de commandes, le Pdg a déclaré lundi : "Si j'étais un client, je n'aurais probablement pas passé de contrats hier avec Alstom mais, aujourd'hui, je peux le faire". Le groupe prévoit toutefois un niveau de prises de commandes d'environ 7 milliards d'euros pour le premier semestre 2003/2004, en baisse d'environ 25% par rapport à l'exercice précédent. La situation financière devrait "être plus normale d'ici 2005-2006", espére le Pdg. "Nous sortons aujourd'hui d'une spirale négative entretenue par le doute sur notre avenir, et entrons dans un cercle vertueux où l'énergie très positive qui s'est manifestée sera mobilisée pour construire le nouvel Alstom".
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