Vers un blocage des indemnités de Messier

Par AFP, le 17 septembre 2003 à 08h56 , mis à jour le 17 septembre 2003 à 09h27

La commission des opérations de bourse américaine a demandé à un tribunal new-yorkais de bloquer les indemnités de départ de l'ex-PDG de Vivendi Universal. Motif : elle mène une enquête sur "d'éventuelles violations de la loi boursière".

Vivendi Universal VU entrée bureaux contre plongée Messier © INTERNE

Jean-Marie Messier pourra-t-il "ouvrir son parachute doré" ? Alors que la justice américaine confirmait lundi que l'ancien PDG de Vivendi Universal avait le droit de percevoir ses que ses indemnités de départ de 20,6 millions d'euros (lire l'article lié), la commission des opérations de bourse américaine (SEC) a demandé à un tribunal de New York de bloquer ces fonds.

"Eventuelles violations"

La SEC a demandé mardi à Vivendi "de placer sur un compte bloqué, sujet à une supervision du tribunal, tout versement extraordinaire que Vivendi pourrait faire à son ex-PDG Jean-Marie Messier, y compris des sommes dont M. Messier proclame qu'elles lui reviennent au regard d'un accord mettant fin à sa collaboration avec Vivendi", selon un communiqué. La Commission s'appuie sur la nouvelle législation anti-fraude qui lui permet de bloquer "temporairement" ce type de versements pendant qu'elle mène l'enquête sur "d'éventuelles violations de la loi boursière", ajoute-t-elle dans le communiqué.

Le gendarme américain de la bourse avait ouvert une enquête formelle sur Vivendi Universal, ses dirigeants et ses employés le 14 novembre 2002. En effet, même si Vivendi Universal a son quartier général en France, le groupe de médias dispose de très importants actifs aux Etats-Unis, que ce soit les studios de cinéma Universal, des chaînes de télévision câblées, des parcs d'attraction, et la première maison de disque du pays, Universal Music.

"Exacte, précise et sincère"

La SEC n'a comme à son habitude donné aucune information sur l'enquête en cours. Mais, si l'on en croit la presse française de mardi, sa petite sœur parisienne, la commission des opérations de bourse (COB) s'est déjà fait une opinion. Le rapport de la COB sur l'information financière de Vivendi Universal en 2001 et 2002 juge que celle-ci n'a pas été "exacte, précise et sincère" et en impute la responsabilité aux dirigeants de l'époque, affirmait le journal Les Echos mardi. "L'information de VU était exacte, précise et sincère. Elle était soumise (notamment) à la COB, qui n'a jamais enjoint de corrections majeures", a attaqué J2M, qui vit toujours à New York. Le dossier est maintenant entre les mains de la justice. Il a été transmis vendredi au parquet de Paris où il est toujours à l'étude.

photo d'ouverture : le siège de Vivendi Universal à Paris

Par AFP le 17 septembre 2003 à 08:56
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