© INTERNEUn peu plus d'un mois après le lancement de l'offre de "hard discount" de Michel Leclerc, Automobil-Eclerc, les premiers résultats sont décevants. Au total, 10 des 14 plates-formes interrogées ont signalé environ 60 voitures neuves vendues sous le nouveau réseau. Ces chiffres recueillis par l'Agence France Presse mardi sont très éloignés des chiffres officiels de la société. Cette dernière a affirmé lundi soir que "632 véhicules ont été vendus avec une moyenne de 70 véhicules par enseigne" en un mois.
Et pourtant, le lancement de ces plates-formes de "voitures à prix cassés" avait largement été relayé par les médias. Certains adhérents d'Automobil-Eclerc se sont plaints de publicités trop prometteuses qui vantent "des remises allant jusqu'à 30%" alors qu'un seul modèle, de grand luxe, est effectivement proposé à - 31%. L'essentiel des autres modèles sont proposés avec des remises de 12 à 15% en moyenne, indiquent-ils.
"Taper sur les doigts"
"Ca va mal, les clients sont déçus car ils espèrent tous 30% de remise", s'est plaint Yoan Cosperec, gérant du magasins de Coignères dans les Yvelines où Michel Leclerc est venu présenter son enseigne à la presse il y a un mois. "J'ai vendu 9 voitures neuves, les gens appellent ou viennent en nombre astronomique mais veulent tous 30% de rabais (...). Et puis les constructeurs nous envoient plein d'espions pour relever les numéros de châssis et voir quels concessionnaires nous ont vendu le véhicule - ils se feront sûrement taper sur les doigts", a-t-il raconté.
D'autres adhérents sont au contraire ravis du battage publicitaire, comme la dirigeante d'un magasin à Saint-Étienne (Loire), Fabienne Grenier : "le succès va au-delà de nos espérances, j'en ai vendu 16 dans le mois avec des remises de 15-16% en moyenne" . Le meilleure score de vente recensé par l'AFP est celui d'un magasin de La Teste, près d'Arcachon (Gironde), qui a vendu une trentaine de voitures. De son côté, l'enseigne Auto-Eclerc affirme que 54 nouvelles plates-formes de vente automobile sont en cours de signature pour adhérer au réseau qui comptera donc plus de 80 plates-formes fin 2003.
A partir d'aujourd'hui, les constructeurs automobiles européens pourront toujours choisir leurs concessionnaires, mais ne pourront plus les empêcher de vendre des voitures d'autres marques aux côtés des leurs. "Les consommateurs pourront comparer des modèles, des prix, faire jouer la concurrence" sans avoir à se rendre chez plusieurs concessionnaires, renchérit le Bureau des unions de consommateurs européens (BEUC). En revanche, le nouveau règlement européen n'ouvre pas la porte à la distribution de voitures à grande échelle par les hypermarchés et les vendeurs par Internet. Mais la mesure phare de la réforme concoctée par le commissaire européen à la concurrence, Mario Monti, n'entrera en vigueur que le 1er octobre 2005. Ce n'est qu'à cette date que les concessionnaires automobiles gagneront en effet le droit de s'établir où ils le veulent, au lieu de respecter, comme aujourd'hui, une zone géographique donnée. |
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