© INTERNE"On peut très bien vivre en faisant de la publicité pour des couches-culottes et des biscuits sans image d'enfants", a déclaré le ministre italien des Communications, Maurizio Gasparri. Il est l'auteur d'un amendement voté mercredi par les députés italiens qui vise à interdire aux enfants de moins de 14 ans de participer à des spots publicitaires. La mesure, pour être effective, doit encore être approuvée par le Sénat mais ce vote n'a pas manqué d'émouvoir les professionnels de la publicité en Italie. "Qu'est ce qu'on fait maintenant. On met les couches-culottes sur les chats?", s'est interrogé Marco Mignani, fondateur du groupe Euro Rscg. Dès l'annonce du vote, l'Observatoire sur le travail des enfants, un institut de la banque de Naples, a révélé que sur huit heures de programmation en une journée à la télévision, 300 publicités mettent en scène des enfants, soit une sur trois.
Les enfants font vendre
Sans disposer de chiffres équivalent, la situation de la France n'est guère différente. L'utilisation de mineurs dans les publicités n'est pas récente. On se souvient du "bébé président" et autres pubs pour yaourts, céréales, jouets. Mais suite au succès emporté par la publicité pour la marque Evian mettant en scène des "bébés nageurs", le concept a fait des "petits". Désormais, même les produits qui ne s'adressent pas aux enfants utilisent leur image pour leur promotion : la lessive qui rend le linge aussi doux qu'une peau de bébé, les voitures, les yaourts réservés aux adultes… Les bambins font vendre.
L'an dernier, on estimait que leur pouvoir "magique" de prescription représentait un marché de 92 millions d'euros. Selon Monique Dagnaud, sociologue et auteur d'un rapport sur la publicité et les enfants, les enfants sont associés aux décisions d'achats dans 65% des foyers. Dans ce rapport, Monique Dagnaud estime que certains mercredis, les 6-12 ans peuvent regarder jusqu'à 192 spots télévisés.
Suggestion
Reste à savoir si le fait d'interdire aux enfants de moins de 14 ans de participer à des films publicitaires suffirait à changer la donne. En France, le travail des enfants est strictement encadré. Une loi du 12 juillet 1990 réglemente leur participation à des photos ou défilés de mode et à tout type de spectacle : films publicitaires, cinéma, télévision. Si l'enfant a moins de six ans et qu'il n'est pas scolarisé, il ne peut travailler plus de deux jours par semaine. Entre 6 et 16 ans, période d'éducation obligatoire, il est interdit de travailler hors des périodes scolaires et seulement pendant la moitié des vacances. "Non seulement les mineurs ont besoin de l'autorisation de leurs parents ou tuteurs mais une commission départementale des activités du spectacle, présidée par le président du tribunal pour enfants, doit donner une autorisation préalable", ,explique Patrice Leblanc, secrétaire général de Défenseur des enfants, organisme créé par le Parlement français.
Dans l'Hexagone, c'est moins la participation des enfants aux spots que leur effet sur ces derniers qui fait débat. Mais, le message publicitaire est lui aussi encadré. Selon le code de déontologie mis au point par le Bureau de vérification de la publicité (BVP), "la publicité ne doit pas inciter directement les enfants à persuader leurs parents d'acheter le produit". Tout est dans la suggestion… le principe même de toute publicité.
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