© AFPtf1.fr : Estimez-vous, comme le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, que la fusion Air France - KLM rend inutile un 3e aéroport international francilien, l'aéroport d'Amsterdam Schiphol pouvant jouer ce rôle ?
Simone Nérome, présidente de l'ADVOCNAR (1) : Au contraire, nous pensons que la fusion aura un effet de pompe aspirante à l'avantage de l'aéroport Roissy - Charles De Gaulle… donc au détriment des riverains de cette plate-forme. Economiquement, si les lignes en doublon risquent en effet d'être supprimées à court terme, elles seront vite remplacées par d'autres : l'objectif d'une fusion est évidemment de développer l'activités des compagnies. Air France est dominant dans ce mariage et s'appropriera sans doute plus de lignes. De plus, la fusion ne règle pas la question des vols des autres compagnies qui elles aussi utilisent les infrastructures de Roissy.
tf1.fr : Mais Roissy n'offre-t-il pas des possibilités de développement moindres que Schiphol ?
S.N. : Non. On le sait, le potentiel de Roissy est loin d'être utilisé sur le plan technique : les capacités théoriques de l'aéroport parisien sont de 800.000 mouvements annuels alors qu'on n'en utilise "que" 500.000 aujourd'hui. Or, la volonté politique de maintenir les restrictions du trafic autour de Paris ne nous paraît pas très forte. Sans doute Schiphol possède-t-il aussi des capacités techniques de développement mais, la réglementation aux Pays-Bas est plus stricte et ne permettra pas une explosion du trafic de Schiphol.
tf1.fr : La SNCF fait valoir que le Thalys mettra Amsterdam à moins de 3 heures de Paris en 2007, ce qui rend plus crédibles les mouvements de voyageurs d'une plateforme à l'autre. Vous ne partagez pas cette opinion ?
S.N. : Justement, je la partage. Mais, si l'offre est à Paris, ce seront les Hollandais et les Belges qui se sentiront plus proches de Roissy et non les Français qui seront tentés de voyager vers Schiphol. Cette fusion ne fait que renforcer notre conviction qu'il faut construire un troisième aéroport en France, loin de toute zone urbanisée, répondant à l'attente de compagnies de plus en plus partisanes de gigantesques hubs en Europe. Hélas, la volonté politique n'existe pas : Dominique Bussereau est acquis aux lobbies des compagnies aériennes qui ne souhaitent pas gérer plusieurs infrastructures au sol alors que, selon elles, Roissy peut encore être développé.
(1) Association de défense du Val d'Oise contre les nuisances aériennes.
Propos reccueillis
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