Les télécoms tiennent salon à Genève

Par afp, le 12 octobre 2003 à 15h18 , mis à jour le 11 octobre 2003 à 16h09

Dans un contexte financier largement assaini, les opérateurs et équipementiers mondiaux de télécommunications tenteront de trouver des idées rentables, capables de relancer leur industrie.

lolo salon des télécoms 2003 © INTERNE

Télécom 2003, inauguré samedi par le roi Juan Carlos d'Espagne et le président suisse Pascal Couchepin, se tient jusqu'au 17 octobre à Genève. Organisé tous les quatre ans par l'Union internationale des télécommunications, une agence de l'Onu, il accueille quelque 900 exposants, soit 20% de moins que lors de la précédente édition. En 1999, le salon  s'était en effet déroulé en pleine bulle internet et dans une ambiance euphorique. Cette année, quelques grands acteurs, majoritairement européens, sont ainsi absents comme Nokia, Alcatel, Ericsson, ou France Télécom.

"La façon dont cette industrie est en passe de se rétablir est impressionnante, mais ce qui apparaît maintenant derrière l'amélioration des comptes,  c'est le ralentissement très net du secteur", a relevé Yves Gassot, directeur général de l'institut d'études Idate.  "Pour l'Europe et les Etats-Unis, on est frappé par le fait que la croissance n'est plus là. L'encéphalogramme est plat aux Etats-Unis et en Europe, on est passé d'une croissance à deux chiffres en 2001 à +6/7% en 2002 et l'on attend environ +3% en 2003", a souligné M. Gassot.

Croissance

Pourtant, la croissance en volume des équipements (portables, lignes haut débit) se poursuit et les usages se développent. Mais les recettes associées ne suivent pas sur les grands marchés que sont l'Europe et les Etats-Unis. "Le fixe est touché par la substitution de l'e-mail au fax, par le haut débit qui supprime des minutes de communication et surtout par la substitution du fixe par le mobile", a expliqué le directeur général de l'Idate. "Sur le mobile, la progression est moins importante car le marché atteint la maturité dans les pays développés. Reste le haut débit, qui connaît une forte croissance importante mais avec des tarifs qui baissent", a-t-il ajouté.

A ce ralentissement, s'ajoute une multiplication du nombre d'acteurs avec en particulier la montée en puissance de l'Asie tant parmi les opérateurs que parmi les équipementiers. "La présence de l'Asie sera la plus forte jamais enregistrée. Le Japon et la Corée sont en pointe pour la téléphonie mobile de troisième génération, pour les services de télévision et de vidéo en ligne", a noté pour sa part Tim Kelly, directeur de la stratégie à l'ITU.

Deux directions

Chez les équipementiers, de nouveaux venus apparaissent, comme les Chinois Huawei et ZTE, et viennent concurrencer les groupes américains et européens qui peinent à voir la fin de la contraction des marchés. Si les ventes de portables progressent sur un rythme soutenu, les activités dépendant des commandes d'opérateurs restent déprimées.

Dans ce contexte, "c'est un peu plus complexe d'imaginer les efforts et l'orientation pour retrouver un taux de croissance élevé, soit deux à trois fois plus important que le PIB, mais c'est une perspective qui peut être tenue", a estimé Yves Gassot. Pour le directeur général de l'Idate, les industriels peuvent trouver leur salut dans deux directions: améliorer l'ergonomie de l'internet mobile "car c'est encore d'assez mauvaise qualité et cela fonctionne mal", et accélérer "les partenariats avec ceux qui peuvent donner de la valeur aux réseaux -éditeurs de logiciels, musique, jeux vidéo".

(photo : le logo du salon)

Le site du salon
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Par afp le 12 octobre 2003 à 15:18
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