© INTERNESelon le Parisien, le gouvernement s'apprêterait à supprimer en catimini 33.500 postes de fonctionnaires. Soit beaucoup plus que les 4500 postes qui ne seront officiellement pas remplacés. Le quotidien affirme en citant une source gouvernementale que le Premier ministre aurait "donné son aval à la suppression l'an prochain de 33.561 postes publics payés par l'Etat".
Comment cette décision a-t-elle pu passer inaperçue ? L'astuce se situerait au niveau du statut : les postes qui seront supprimés ne sont pas des postes de fonctionnaires à proprement parler mais en tout cas payés par l'Etat. Voici l'équation que dévoile Le Parisien : "outre les 4561 postes de fonctionnaires, 23000 emplois-jeunes disparaîtront dans l'Education nationale. Ils seront remplacés par 13.000 assistants d'éducation, soit un solde négatif de 10.000 emplois, auquel il convient d'ajouter 19.000 postes supprimés dans les collectivités locales et les établissements publics". Le compte est "bon", il s'agit bien de 33.561 emplois en moins.
Pas d'augmentation
Pourquoi ce chiffre n'apparaît-il pas dans le Budget 2004 ? Contrairement aux emplois de fonctionnaires, les emplois non statutaires ne sont pas tenus d'être mentionnés dans le projet de loi de finances.
Une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, les fonctionnaires devraient également faire une croix cette année sur la hausse de leurs rémunérations. Deux jours avant de recevoir les syndicats, le ministre de la Fonction publique, Jean-Paul Delevoye, semble préparer le terrain ce matin dans une interview accordée à La Tribune. Le ministre souligne la mauvaise conjoncture de l'économie française et fait valoir un argument qui devrait toutefois peu convaincre les intéressés : "Chacun doit comprendre que même avec un indice bloqué à 0%, la rémunération moyenne des agents continue de croître puisqu'il y a une augmentation liée à l'ancienneté et aux promotions". Depuis trois ans, l'évolution des traitements des fonctionnaires est nettement inférieure à celle des prix : en 2002 par exemple, l'inflation a été de 2,1%, les hausses de rémunérations dans la Fonction publique de… 1,3%.
Photo : Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction Publique
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