Annulation du Grand Prix : un manque à gagner pour la Nièvre

Par S.L avec AFP, le 24 novembre 2003 à 18h42 , mis à jour le 25 novembre 2003 à 10h27

L'annulation de l'édition 2004 du Grand Prix de France de Formule 1 sur le circuit de Magny-Cours suscite l'inquiétude des milieux économiques dans la région.

Nevers cathédrale Loire © INTERNE

Chaque année, les Nivernais pouvaient se consoler de l'augmentation sévère de leurs impôts locaux en profitant de l'animation exceptionnelle de leur région le temps d'un week-end. Et beaucoup en retiraient un avantage financier : les commerçants, restaurateurs, hôteliers bien sûr mais aussi les particuliers en louant leur maison et les jeunes désargentés en allant vendre des frites ou bouteilles d'eau au circuit. Et pour les contemplatifs désintéressés, ils pouvaient toujours se ballader dans les rues de Nevers où chaque Grand Prix de Formule 1 est l'occasion d'un festival d'arts de la rue et de concerts.

Mais cette année, pas de Grand Prix. Dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, "près de 900 établissements, dans un périmètre de 300 kilomètres autour du circuit de Magny-Cours, ont un taux d'occupation optimal pendant le Grand-Prix de France. Son annulation remet en cause les réservations qui sont faites d'une année à l'autre", explique Cécile Felzines, présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de la Nièvre. "Chaque touriste dépense en moyenne sur les trois jours de la compétition 138 euros par jour. Ca va être difficile de compenser cette perte sèche", estime pour sa part Christophe Ronget, membre du Syndicat des hôteliers, restaurants et débitants de boissons de la Nièvre.

3000 emplois

Roland Hodel, président du directoire de la SAEMS (SA d'économie mixte et sportive) du circuit de Magny-Cours a estimé à 165 millions d'euros par an les retombées économiques locales de l'activité du circuit pour les départements de la Nièvre, de l'Allier et du Cher. Le Grand Prix de France de F1 représente à lui seul un tiers de cette somme. 

Les trois jours du Grand Prix ont permis d'employer 3.000 personnes en 2000, dont 1.300 pour la Nièvre, soit 15% des demandeurs d'emplois dans le département, selon la CCI de la Nièvre. Elle a notamment permis l'installation près du circuit d'un technopôle, qui regroupe une vingtaine d'entreprises versées dans la recherche technologique automobile, employant au total 500 salariés.

Les billets remboursés

La vente des billets pour le Grand Prix va être interrompue et les billets déjà vendus remboursés, a précisé Roland Hodel, président du directoire de la SA du circuit de Magny-Cours. Le prix des places va de 130 à 150 euros. Le public avait atteint le niveau record de 120.000 spectateurs en 2001. La fréquentation avait chuté de 20.000 spectateurs en 2002 et de nouveau baissé en 2003.

photo : la Ville de Nevers triple le nombre de ses habitants le temps d'un week-end

Par S.L avec AFP le 24 novembre 2003 à 18:42
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