© INTERNEOn connaît l'équation : un déficit abyssal, des dépenses maladies en augmentation et les arrêts maladie sur le banc des accusés. L'an dernier, les 6,7 millions d'arrêts maladie ont coûté 5,1 milliards d'euros au régime général soit près du double qu'en 1996. Or, 6% des arrêts maladie seraient injustifiés. Un rapport rendu jeudi au ministre de la Santé dresse un constat plus qu'intéressant.
Selon ce dernier, la hausse exceptionnelle de ces arrêts s'expliqueraient dans 36% des cas par le vieillissement des salariés. Les auteurs du rapport, trois inspecteurs généraux des affaires sociales (Igas), pointent également l'accroissement de la pression sur les salariés.
Médecins "trop" prescripteurs
Mais cela n'explique pas tout. L'étude met en perspective d'importantes différences selon les régions : alors que le nombre moyen des indemnités journalières versées par salarié est de 9,9 en France, ce taux n'est que de 6,3 à Paris mais de 15,4 dans les Bouches-du-Rhône et de 18 en Haute-Corse, rapporte Le Parisien vendredi.
Et dans une même ville, le rapport montre qu'un petit nombre de médecins peut être à l'origine d'une grande partie des arrêts maladie : à Angers, 8,4% des médecins "prescrivent à eux seuls 23,2% des dépenses d'arrêts de travail", écrit Le Parisien. Les inspecteurs préconisent de renforcer les contrôles auprès de ces médecins qui pourraient faire l'objet de "sanctions pécuniaires et graduées". Ils proposent également de multiplier les "contre-visites" au domicile des salariés arrêtés. Enfin, ils recommandent de ramener la durée maximale d'indemnisation de trois à deux ans. Jean-François Mattéi devra décider d'intégrer ces données ou non dans la réforme de l'assurance maladie attendue pour mi-2004.
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