Que Choisir s'attaque au prix des SMS

Par Christophe ABRIC, le 25 novembre 2003 à 15h33 , mis à jour le 25 novembre 2003 à 23h01

L'association UFC-Que Choisir dénonce le prix excessif pratiqué par les trois opérateurs mobiles français pour l'envoi de SMS. Ce produit, prisé par les jeunes, offrirait plus de 80% de marge.

téléphone mobile portable France Télécom jeunes adolescents ados (PF Grosjean) © INTERNE

C'est un prix auquel les consommateurs se sont plus ou moins habitués : un SMS coûte 15 centimes d'euros, un montant qui n'a pas bougé depuis l'explosion du marché en 1999, et que condamne aujourd'hui l'UFC-Que Choisir.

"Cartel"

L'association de défense des consommateurs a saisi ce mardi le Conseil de la Concurrence pour "abus de position dominante conjointe". Elle considère en effet que les trois opérateurs de téléphonie mobile français se sont arrangés pour fixer le prix du SMS, constituant ainsi un "cartel, soit plusieurs entreprises qui se coordonnent pour se soustraire aux règles du marché".

L'UFC-Que Choisir a en effet étudié en profondeur le marché. Elle estime que l'envoi d'un message, facturé 15 centimes d'euros au consommateur, ne coûte (prestation technique et dépenses commerciales incluses) que 2,2 centimes d'euros aux opérateurs. Cela représenterait une marge exceptionnelle de 80,2%.

Les jeunes, public prisé

"Nous nous attendions à des marges importantes, mais pas dans de telles proportions", a expliqué Alain Bazot, président de l'association, précisant qu'il "n'existe pas d'équivalent, dans le domaine des services, à cette pratique injustifiable". Cette "entorse aux règles du marché" est dénoncée avec d'autant plus de véhémence que les principales victimes en sont les jeunes. 75% des SMS sont en effet envoyés par les 8-24 ans, et les 12-15 ans sont ceux qui en envoient le plus, avec 55 messages en moyenne par mois.

L'association s'est appuyée sur le modèle danois, où la concurrence a fait tomber le prix du SMS à 5 centimes d'euros. Si les opérateurs français suivaient ce modèle, "ils dégageraient encore 47% de marge, soit plus que celle générée par la téléphonie vocale", a affirmé Julien Dourgnon, responsable de la téléphonie à l'UFC. Si les opérateurs avaient baissé leurs prix à 5 cents, "les jeunes auraient économisé 400 millions d'euros en 2002", a-t-il poursuivi. La France n'est pas seule dans cette situation, et l'UFC-Que Choisir prépare une action au niveau européen dès 2004.

SFR : "chiffres erronés"

SFR, l'un des trois opérateurs incriminés par l'association, a réagi rapidement en affirmant que "la marge avancée par l'UFC-Que Choisir est totalement erronée". "Il est faux de dire que le coût réel d'un SMS est de 0,02 euro", de nombreux coûts comme les investissements, les coûts informatiques et de facturation, de subvention et de paramétrage, d'information, de marketing ou encore du service clients devant être intégrés dans le calcul de cette marge, a expliqué SFR dans un communiqué.

Et les forfaits ?

Les opérateurs vendent désormais leurs SMS sous la forme de forfaits permettant d'envoyer 30 à 130 messages chaque mois. Ceux-ci ne corrigent en rien le prix excessif du SMS à l'unité, a affirmé Julien Dourgnon : "Ce sont des offres en trompe l'œil. Pour commencer à économiser sur un forfait de 30 SMS, il faut en consommer au moins 25, et l'économie atteinte est de moins de 5 cents". Surtout, ces forfaits ne sont pas disponibles pour les clients de cartes prépayées, plébiscitées par les adolescents.

Par Christophe ABRIC le 25 novembre 2003 à 15:33
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience