Le stress, "préoccupation numéro 1 des cadres"

Par , le 06 novembre 2003 à 14h14 , mis à jour le 05 novembre 2003 à 14h32

Jean-Luc Cazettes, secrétaire général de la CFE-CGC, premier syndicat des cadres, qui tient son congrès annuel du 5 au 7 novembre à Paris, devait annoncer jeudi matin la mise en place d'un numéro de téléphone gratuit pour ses 100 000 adhérents. Une première en France et en Europe.

DR © INTERNE

tf1.fr : En quoi consiste l'écoute psychologique dont vont bénéficier les adhérents de la CFE-CGC ?

Jean-Luc Cazettes : Nos adhérents pourront dès vendredi, grâce à un numéro de téléphone que nous leur communiquerons, joindre un psychologue 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ils pourront parler de leurs problèmes professionnels mais aussi conjugaux ou pourquoi pas de leurs enfants. Si nécessaire, ils pourront consulter un psychologue près de chez eux. Nous prendrons en charge le coût de deux consultations. Ce nouveau service va nous coûter 200 000 euros par an soit 2 euros par adhérent.

tf1.fr : Est-ce le rôle d'un syndicat de se soucier du mental des salariés ?

J.L C : Bien sûr ! Un salarié qui est harcelé ou bien qui se sent stressé n'appellera pas un cabinet de psy mandaté par son entreprise. Il aura tendance à douter de l'anonymat. Nous nous sommes aperçus d'une forte demande de nos adhérents quand nous avons créé un observatoire du stress : le médecin du travail a été submergé de mails d'adhérents qui demandaient conseil. La CFE-CGC est très représentée dans la police où on connaît les problèmes que rencontrent les agents, dépression, suicides... Je pense que pour eux notamment, ce sera une aide précieuse.

tf1.fr : Est-ce aussi un moyen de séduire de nouveaux salariés peu enclins à s'encarter ?

JL.C : Si cela peut nous rapporter quelques adhésions, ce n'est pas plus mal.

tf1.fr : Cela ne sonne-t-il pas le glas des missions traditionnelles des syndicats ? Vont-ils devenir des "prestataires de services"?

JL.C : Avant, les syndicats fournissaient de l'assistance juridique, négociaient des hausses de salaires, des embauches… Cette époque est dépassée. Nous devons proposer de nouveaux

services à nos adhérents. Or, le stress est la préoccupation numéro 1 des salariés aujourd'hui. L'écoute psychologique va permettre de faire du curatif mais nous continuerons à travailler en amont. Nous obtiendrons des chiffres sur le nombre d'appels, le type de problèmes rencontrés : des données qui nous aideront à relancer le combat syndical dans les entreprises.

L'expérience du SNECA

Depuis le début de l'année, le Sneca, le syndicat national de l'encadrement du Crédit Agricole (branche de la CGC) offre à ses 5000 adhérents un service d'écoute psychologique.

Quelques chiffres :

  • Environ 300 appels
  • 59% de femmes
  • plus de 80% de plus de 40 ans
  • 11% ont été orientés vers une consultation en libéral


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Par Sophie Lutrand le 06 novembre 2003 à 14:14
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