Les canards pointent le nez à la télé

Par DS avec AFP, le 01 janvier 2004 à 07h00 , mis à jour le 01 janvier 2004 à 13h51

Privés de télé jusque là, journaux et magazines peuvent faire leur pub sur les petits écrans dès la nuit de la Saint-Sylvestre. Les éditeurs et les supermarchés ont également accès à la petite lucarne.

Pas de télévision pour 3 partis |D.R. © INTERNE

Dans quelques jours, les publicités à la télévision pour les magazines, les bouquins ou les supermarchés paraîtront avoir toujours existé. Et pourtant, jusqu'au 31 décembre 2003, la législation française interdisait à ces trois secteurs de faire leur promotion sur les petits écrans. C'est d'ailleurs toujours le cas pour le cinéma.

A l'origine de cette exception française, la volonté d'assurer des revenus publicitaires à la presse écrite et à la radio, très concurrencées par la télévision. Autre objectif : protéger les annonceurs plus faibles, pour lesquels le coût de la pub télé est trop élevé pour espérer rivaliser avec les géants de l'édition, de la distribution ou des médias. Bref, un garde-fou - ou une barrière intolérable pour certains - à la libre concurrence. Le droit européen impose désormais un libre accès à la publicité à tous les acteurs économiques.

Ouverture partielle

Selon un décret d'octobre, la presse bénéficie maintenant d'une ouverture totale à la publicité télévisée. L'édition profite d'une ouverture limitée aux chaînes du câble et du satellite. Pour la grande distribution, l'ouverture est aussi cantonnée aux chaînes du câble et du satellite, mais sera étendue aux chaînes hertziennes en janvier 2007. Autre restriction pour les supermarchés : les pubs peuvent porter sur les marques, mais celles sur les prix et les promotions restent réservées aux autres médias, notamment à la presse quotidienne régionale.

Plusieurs annonceurs avaient réservé une place sur les tout premiers écrans après les douze coups de minuit, espérant à juste titre faire parler d'eux. C'était le cas du bimestriel L'Art de Voyager qui a diffusé un spot sur TF1 ou des éditions Michel Lafon qui ont fait la promotion du livre Confidences royales du majordome de Lady Diana, Paul Burrell, sur Paris Première et Téva, puis LCI, Odyssée et TCM. Les supermarchés Champion (groupe Carrefour) ont prévu deux spots sur 7 chaînes du câble et du satellite et 5 chaînes locales.

Très chère réclame

La publicité à la télévision sera plutôt l'apanage des grands groupes, car elle reste coûteuse. Le bimestriel L'Art de Voyager, titre d'Alain Lefebvre (Aguesseau), ne sera promu que dans un spot unique de douze secondes dans le premier écran publicitaire de TF1 le 1er janvier, juste après minuit. Selon TF1 publicité, le prix d'un "30 secondes" à ce moment est de 20.000 euros mais la presse, nouvel annonceur, bénéficie d'une réduction de bienvenue de 15%. Aux heures de plus grande audience, il n'est pas rare que les prix soient cinq fois plus élevés. Mais il faut ajouter à cela, les frais de production. Un spot coûte 300.000 euros en moyenne. Le groupe Condé Nast a attendu cette ouverture pour le lancement du magazine féminin Glamour en mars prochain. Le film de lancement du supplément de fin de semaine du Monde, le 17 janvier, est prêt lui aussi. Hachette Filipacchi Medias, premier éditeur mondial de presse magazine, ne recourrait à la pub que pour cinq de ses titres, "dont Public et Entrevue". Prisma Presse se limiterait à la promotion de "ses titres les plus puissants" : Femme actuelle, Télé Loisirs,...

Par DS avec AFP le 01 janvier 2004 à 07:00
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