© INTERNESur ce dossier, deux logiques s'affrontent. Celle à court terme, défendue par Bercy, qui préconise à l'Etat de céder ses participations dans les sociétés d'autoroutes afin de dégager de l'argent qui permettrait de réduire les déficits publics. De l'autre côté, une vision à long terme, emmenée par le ministère des Transports qui milite pour conserver ses sociétés dans le giron de l'Etat afin d'affecter leurs recettes au financement de grands projets d'infrastructures : TGV, constructions d'autoroutes et du canal Seine-Nord.
8 milliards aujourd'hui
C'est entre ces deux positions que Jean-Pierre Raffarin devra trancher. Il recevait ce lundi le ministre de l'Economie et des Finances, Francis Mer, et le ministre des Transports, Gilles de Robien. Dans dix jours se tiendra un Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIADT) qui aura pour objet de trancher sur les projets prioritaires et leur mode de financement. D'ici là, l'arbitrage de Matignon devra avoir eu lieu même si le Premier ministre se donne jusqu'à la fin du mois de décembre pour parvenir à une solution.
L'Etat détient encore 51% des Autoroutes du Sud de la France (ASF). La cession de ces parts avec celles qu'il détient dans d'autres sociétés dont la Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France) permettrait à l'Etat de récolter 8 milliards d'euros, selon les calculs de Bercy, et 3 milliards d'euros rien que pour les ASF. Cet argent serait affecté à la réduction des déficits. 100 à 200 millions d'euros seraient toutefois dégagés pour les travaux d'infrastructures.
... ou 34 milliards demain
Trop peu, selon le ministère des Transports qui préfèrent voir à plus longue échéance. Une fois rentabilisées, les autoroutes, seront, grâce aux péages, de véritables mines d'or. Selon les prévisions du ministère de Gilles de Robien, elles permettront de dégager 34 milliards d'euros d'ici 2032. Les projets ayant besoin de financements dans l'immédiat, le ministre souhaiterait créer un établissement public qui pourrait contracter des emprunts gagé sur les dividendes futurs. Plus que financier, le choix sera politique : réduction des déficits ou grands travaux, coûteux mais pourvoyeurs d'emplois.
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