© INTERNE"Martine, pourriez-vous acheter un cadeau pour l'anniversaire de ma femme et vérifier qu'il y a bien deux lits dans notre chambre d'hôtel à Chamonix ?" Jusqu'à présent, les services d'une assistante personnelle étaient réservés aux patrons et aux stars du show-biz. Et pourtant, qui n'a pas rêvé de trouver son frigo plein sans être passé par la case supermarché, de recruter une nourrice sans en avoir reçu une douzaine avant de trouver la perle, de louer une voiture au meilleur prix sans être obligé de comparer une à une les offres des prestataires ? Un rêve accessible pour certains qui acceptent désormais de payer pour se libérer du temps : "J'étais parti en train et revenu en avion. Du coup, mon scooter était resté à la gare", raconte Erwan, parisien de 32 ans. "J'ai demandé à une société de services d'aller le chercher. J'en ai eu pour 40 euros mais j'ai gagné plusieurs heures et un souci en moins".
Le phénomène, balbutiant en France, est déjà bien connu des pays anglo-saxons. A New-York, nombre de chiens disposent de leur "promeneur personnel". A Londres, la société Ten, fondée en 1996, revendique désormais 20 000 clients : ses services vont du soin esthétique à la réparation de voiture en passant par l'organisation de la lune de miel. Ten a créé des antennes en Allemagne et en Espagne et s'intéresse au marché français.
En quelques mois, plusieurs sociétés ont vu le jour dans les grandes villes françaises. A Paris, Welldone, créée à la rentrée 2003, s'adresse à une clientèle urbaine "qui a peu de temps mais de l'argent", explique Thomas Coutheillas, son fondateur. A Marseille, une association, Docks Services et une société privée, Adomo, se partagent le marché tandis que l'association Qualidom tente de se développer à Lyon.
"Mon copain le botin"
Peut-on tout demander à ces "assistants personnels" ? "Oui, dans la limite de la légalité et de la morale", précise Thomas Coutheillas. "Si on nous demande de trouver un éléphant, de le peindre en rose et de le mettre sur la Place de la Concorde, on fera en sorte que ce soit possible", poursuit-il.
Le savoir-faire de ces nouvelles sociétés ? Aucun, si ce n'est la mise en relation. "Mon meilleur copain c'est le bottin", s'amuse Jérémie de Gerlache, fondateur de ID-Box à Bruxelles. "Je suis la pub pour les pages jaunes à moi tout seul". Mais à Bruxelles, les clients potentiels ne sont pas aussi nombreux qu'à Londres ou Paris et le jeune entrepreneur vise essentiellement les expatriés européens et notamment ceux des dix prochains pays entrants : "ils vont avoir besoin d'appartements, d'écoles bi ou tri-lingues pour leurs enfants, de nounous…".
La règle d'or, "le zéro stress" pour le client. "Une amie londonienne voulait aménager sa terrasse. Ten lui a proposé plusieurs idées, s'est chargé de trouver architecte, ouvriers, de diriger les travaux et de tout remettre en ordre", raconte un jeune cadre français.
Service élitiste ?
La plupart des demandes sont toutefois beaucoup moins originales : "le repassage est ce qui marche le mieux", affirme Christelle Barbedette, responsable de Docks Services. L'association marseillaise met en relation les salariés des entreprises implantées dans les anciens docks et les commerces du quartier défavorisé de la Joliette. Moyennant un abonnement annuel de 23 euros, les particuliers ont accès à un panel de services : couture, cordonnerie, photos, petites courses mais aussi soins esthétiques… Et chaque jour, ils reçoivent les "menus du jour" des restaurants du quartier. Le prestataire reverse 10% à 25% du chiffre d'affaires généré par Docks Services.
A Marseille toujours, la société Adomo propose ce type de prestations mais sans aucun droit d'entrée. Location de voiture, heures de ménage… les services sont facturés à la durée. "Nous envisageons de nous implanter à Paris et à Nice au premier trimestre 2004", annonce Jean-Hugues Guilbaud, président d'Adomo.
L'idée fait donc des émules mais le marché français est-il mûr ? "Les Français ont envie d'être assistés mais sans le montrer et sans passer pour des nouveaux riches", affirme Jean-Hugues Guilbaud. Quant à savoir si ces nouveaux services s'adressent aux happy few qui en ont les moyens ou bien à une cible plus large, l'activité est encore trop récente pour le dire.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




