Aventis n'avale pas la pilule

Par D.S., le 30 janvier 2004 à 11h33 , mis à jour le 30 janvier 2004 à 11h41

Son PDG entend faire échouer l'offre de rachat inamicale de 48 milliards d'euros lancée par le concurrent, Sanofi-Synthélabo. Dénonçant un "hold up", il estime le rapprochement dangereux sur le plan industriel et social.

Aventis logo pharmacie © INTERNE

Aventis n'a pas l'intention de se laisser manger tout cru par Sanofi-Synthélabo. Son PDG, Igor Landau, est bien décidé à faire échouer l'offre inamicale de 48 milliards d'euros lancée par son concurrent. "Ce n'est pas une offre, c'est une tentative de hold-up! C'est dangereux sur  le plan industriel, dangereux sur le développement, dangereux sur le plan social", dénonce le patron du laboratoire franco-allemand vendredi dans Les Echos.

Sanofi-Synthélabo espère boucler l'affaire avant fin juin 2004. La grande inconnue reste l'attitude qu'adoptera le principal actionnaire d'Aventis, la Kuwait Petroleum Corporation (13,5% des parts). Pour l'instant, la KPC s'est prononcée contre l'offre mais cela pourrait changer si Sanofi fait monter les prix. La mise de 60,43 euros par action est unanimement jugée trop basse. Pour le patron d'Aventis, "ce qui n'est pas à 40 ou 50% au-dessus n'est pas très intéressant".

Suppressions d'emplois

Très éclaté, le capital d'Aventis est vulnérable aux offres agressives. Si ce n'est la KPC, aucun actionnaire ne dépasse les 5% de parts du groupe né de la fusion en 1999 entre le français Rhône-Poulenc et l'allemand Hoescht. Igor Landau aura donc fort à faire pour les convaincre tous de ne pas céder à l'offre de son concurrent.

Mais le patron d'Aventis ne mobilise pas seulement les actionnaires. Il agite aussi les menaces sur l'emploi. Selon lui, les synergies de 1,6 milliard d'euros sur lesquelles table son concurrent en cas de fusion ne peuvent "malheureusement provenir pour l'essentiel que d'une réduction des effectifs". Le chiffre de 10 000 à 12 000 suppressions d'emplois est évoqué par l'entreprise. Ce que dément Sanofi.

Sanofi vend molécules, usines et personnels

Vendredi matin, 500 salariés du site Sanofi-Synthélabo de Notre-Dame-de-Bondeville en Seine-Maritime ont manifesté devant le siège social parisien pour protester contre la vente de leur site en cas de succès de l'offre sur le concurrent Aventis. "Nous avons appris lundi matin sur notre site intranet que les deux produits phares que nous fabriquions, les molécules Arixtra et Fraxiparine, étaient vendues", dénonçait une manifestante. "Notre DRH nous a annoncé oralement que notre site et tout son personnel était également vendu, sans autre commentaire", expliquait-elle.

Par D.S. le 30 janvier 2004 à 11:33
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