© INTERNEAventis n'a pas l'intention de se laisser manger tout cru par Sanofi-Synthélabo. Son PDG, Igor Landau, est bien décidé à faire échouer l'offre inamicale de 48 milliards d'euros lancée par son concurrent. "Ce n'est pas une offre, c'est une tentative de hold-up! C'est dangereux sur le plan industriel, dangereux sur le développement, dangereux sur le plan social", dénonce le patron du laboratoire franco-allemand vendredi dans Les Echos.
Sanofi-Synthélabo espère boucler l'affaire avant fin juin 2004. La grande inconnue reste l'attitude qu'adoptera le principal actionnaire d'Aventis, la Kuwait Petroleum Corporation (13,5% des parts). Pour l'instant, la KPC s'est prononcée contre l'offre mais cela pourrait changer si Sanofi fait monter les prix. La mise de 60,43 euros par action est unanimement jugée trop basse. Pour le patron d'Aventis, "ce qui n'est pas à 40 ou 50% au-dessus n'est pas très intéressant".
Suppressions d'emplois
Très éclaté, le capital d'Aventis est vulnérable aux offres agressives. Si ce n'est la KPC, aucun actionnaire ne dépasse les 5% de parts du groupe né de la fusion en 1999 entre le français Rhône-Poulenc et l'allemand Hoescht. Igor Landau aura donc fort à faire pour les convaincre tous de ne pas céder à l'offre de son concurrent.
Mais le patron d'Aventis ne mobilise pas seulement les actionnaires. Il agite aussi les menaces sur l'emploi. Selon lui, les synergies de 1,6 milliard d'euros sur lesquelles table son concurrent en cas de fusion ne peuvent "malheureusement provenir pour l'essentiel que d'une réduction des effectifs". Le chiffre de 10 000 à 12 000 suppressions d'emplois est évoqué par l'entreprise. Ce que dément Sanofi.
Sanofi vend molécules, usines et personnels |
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