© INTERNEL’affaire fait grand bruit dans le milieu du cinéma européen – et elle agite tout particulièrement les Français. La Commission européenne rencontre ce lundi les professionnels du cinéma. Elle a en outre demandé aux Etats membres de lui remettre par écrit, pour le 23 janvier, des contributions écrites. En jeu : la révision du régime d'aides au cinéma dans l'UE. Le système actuel, défini par la Commission en 2001, arrive à échéance en juin. Sa refonte a été lancée en octobre dernier par l'exécutif européen, avec au cœur du débat le principe de "territorialisation", selon lequel un pays membre finançant partiellement un film peut imposer à un producteur de dépenser un certain montant du budget sur son territoire - jusqu'à 80% à l'heure actuelle.
Il s’agit de la première des deux échéances cruciales prévues cette année dans ce domaine, la deuxième étant l'examen du système national d'aides. Une fois arrêté et adopté, le nouveau système doit rester en vigueur jusqu'à fin 2009. Bruxelles a jusqu'ici proposé trois options aux Etats membres, qui remettent toutes soit partiellement soit totalement en question la notion de "territorialisation". Avec comme conséquence logique de favoriser l’éclatement de la "fabrication" d’un même film bénéficiant d’aides publiques sur plusieurs pays de l’UE – ici le tournage, ailleurs le montage… Une position que la France dénonce avec vigueur.
Protestations
Le ministre français de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, est monté au créneau en souhaitant que des "dispositifs contraignants ne mettent pas en péril" les industries françaises du cinéma. "Nous ne voyons pas pourquoi il devrait y avoir un changement des règles", juge pour sa part le directeur général du Centre national de la cinématographie (CNC) David Kessler. Les organisations professionnelles européennes du cinéma et de la télévision ont manifesté leur opposition en adoptant vendredi dernier une déclaration commune, dans laquelle elles affirment que la remise en cause par la Commission européenne du régime d'aides "aurait pour effet de casser l'appareil de production des films".
Face au tollé, la commissaire européenne à la Culture, Viviane Reding, n'exclut pas un statu quo et le maintien du système élaboré en 2001. "J'écouterai les professionnels le 19 janvier, a-t-elle annoncé. J'écouterai les ministres des 25 également. Et, sur cette base, la Commission proposera un nouveau texte dont le but est d'aider notre industrie cinématographique".
Photo d’ouverture : archives
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