Images d'archives © INTERNEDeux semaines après la tragédie du Boeing de Flash Airlines au large de Charm el-Cheikh, le ministre des Transports a annoncé vendredi la création d'un label permettant d'identifier les compagnies charter offrant les meilleures garanties de sécurité. "Il sera proposé avant ces trois ans une liste blanche des entreprises qui auront reçu ce label", a promis Gilles de Robien.
Des audits externes de ces compagnies permettront d'élaborer la fameuse liste. L'opération ne devrait rien coûter à l'Etat puisque le système prévoit que ces audits "seront financés par ces mêmes compagnies". Par ailleurs, le voyagiste devra communiquer au client au moment de l'achat le nom de la compagnie qui le transportera. Il s'agit déjà d'une "recommandation", a expliqué le ministre qui devra "être transformée en obligation" d'ici trois ans.
Français, européens et extra-européens
Les compagnies extra-européennes devront justifier des mêmes audits. Quant aux concurrents européens, Gilles de Robien a précisé qu'il avait pris rendez-vous pour le 21 janvier avec la commissaire européenne aux Transports pour "étudier comment cette idée d'un label français pourrait devenir européenne". Loyola de Palacio avait déjà indiqué qu'elle avait chargé ses services de "se pencher façon prioritaire sur cette question essentielle".
Pratique courante
Un groupe de travail va être constitué avec les professionnels de l'aviation civile et du tourisme pour définir les modalités de ce label. "Nous allons nous associer totalement avec les organismes concernés pour définir cette liste de compagnies utilisées", a déclaré René-Marc Chikli, le président de l'Association des tours opérateurs, Ceto, qui regroupent 80 % des voyagistes français. "Nous allons les mettre le plus rapidement possible dans nos brochures", a-t-il promis.
Plusieurs voix s'étaient pourtant élevées dans le clan des tour-opérateurs quand l'idée d'une obligation d'information avait été évoquée par Gilles de Robien. Les voyagistes n'hésitent pas en fonction du taux de remplissage à changer de transporteur peu avant le départ. Avec la réglementation annoncée, ils craignent que les clients demandent le remboursement en cas de modification de dernière minute. Les grandes compagnies elles-mêmes font parfois appel aux avions de concurrents avec lesquels elles ont des accords commerciaux. La parade pourrait consister à faire signer aux clients une décharge en cas de changement de compagnie.
| Un seul contrôle français pour le Boeing de Flash Airlines ? |
Juste après le drame, Gilles de Robien avait indiqué que l'avion SU-ZCF avait été contrôlé trois fois en France. Dans son édition datée de samedi, Le Monde, se basant sur les différents rapports, affirme qu'il n'y aurait eu en fait qu'un seule inspection : le 22 octobre 2003 à Toulouse. Le quotidien ajoute que cette inspection s'est portée sur 20 des 53 points faisant partie de la liste des contrôles à effectuer -il n'est pas obligatoire de tout vérifier. Aucune anomalie n'aurait été décelée. |
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