Un salarié sur quatre victime de stress excessif

Par , le 07 janvier 2004 à 18h22 , mis à jour le 08 janvier 2004 à 09h44

Non seulement le stress n'est pas positif mais au-delà d'un certain niveau, il est dangereux pour la santé, estime une étude de l'Institut français de l'anxiété et du stress publiée mardi. Or, près de 25% des salariés auraient franchi cette limite.

foule emploi stress © INTERNE

Près d'un salarié sur quatre souffrirait d'un excès de stress ou "sur-stress" présentant un risque pour sa santé, selon une étude menée par l'Institut français de l'anxiété et du stress (Ifas) pour Enjeux Les Echos et France Inter. Cette étude publiée mardi a été menée auprès de 11.852 salariés de six grandes entreprises, dont Renault. Elle ne prétend donc pas être représentative de la population française mais innove par sa méthode : c'est au cours de leur visite médicale annuelle que les salariés ont été interrogés. Un questionnaire d'une vingtaine de questions élaboré par l'Observatoire médical du stress, de l'anxiété et de la dépression (Omsad) leur a été soumis en échange de la confidentialité des renseignements. Ce ne sont pas les salariés eux-mêmes qui évaluent le degré de stress auquel ils sont soumis mais le résultat du test.

C'est sur des données empiriques que les auteurs de l'étude se sont appuyés pour déterminer le degré au-delà duquel le stress est dangereux pour la santé. Au cours de premiers entretiens, des médecins ont fait passé le test à des salariés et noté leurs résultats. Ces personnes ont ensuite été suivies de façon clinique afin d'observer leurs symptômes. Les médecins de l'Omsad ont enfin établi une grille permettant de "quantifier" le stress perçu. Au-dessus d'un certain score, les individus sont davantage sujets à des dépression mais aussi à des maladies cardio-vasculaires, à de l'hypertension...", a expliqué le médecin psychiatre Jean-Luc Emery à tf1.fr.

Les femmes plus sensibles ?

L'Institut, créé depuis 13 ans, s'oppose en effet à l'idée d'un stress positif. Par "sur-stress", l'étude met en évidence "un niveau de stress représentant un facteur de risque pour la santé". Et devant ce "trop-plein" de stress, les salariés ne sont pas égaux. Contrairement à l'idée commune, les cadres ne sont pas les plus touchés. 24,6% des "non managers" sont sujets à un stress excessif contre 20,8% des cadres. Les femmes sont d'ailleurs plus sensibles à ces pathologies : elles sont 34,2% contre 20,2% des hommes. L'âge est également déterminant. Contrairement à l'image d'Epinal des "seniors sereins", les plus de quarante ans sont beaucoup plus nombreux à souffrir de stress excessif que les autres. Les entreprises qui ont mis en place ces questionnaires s'appuient sur les résultats obtenus pour proposer, par la suite, des formations ou modifications de management susceptibles d'améliorer la situation.

Par Sophie Lutrand le 07 janvier 2004 à 18:22
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