© INTERNESécurité sur les routes, dans les villes et dans l'assiette. Epidémie de grippe aviaire, doute sur le saumon, interdiction d'un insecticide… la question sanitaire est passée au premier plan. Les consommateurs français veulent le goût certes mais avant tout, la sécurité des aliments qu'ils achètent, selon le sondage réalisé par l'Institut Louis Harris et publié mardi par le magazine 60 millions de consommateurs et l'APCA (Assemblée permanente des chambres d'agriculture).
Le sondage montre, à trois jours de l'ouverture à Paris du Salon de l'agriculture, des incohérences dans l'image que les consommateurs se font de l'agriculture. 65% d'entre eux estiment que la première mission de l'agriculture est de nourrir la population : une fonction on ne peut plus traditionnelle que l'on identifiait déjà après la seconde guerre mondiale lorsqu'il s'agissait de remplir les assiettes des Français. Pour 23%, il s'agit de conserver un patrimoine culturel et gastronomique; seulement 6% perçoivent la filière agricole comme un secteur offensif visant à exporter sa production.
Phantasme
Autre signe de décalage : 63% des Français affirment que l'on mange moins bien qu'avant. Phantasme d'un paradis perdu où veaux et cochons paissaient tranquillement dans les prés avant d'être transformés artisanalement en rosbif ou jambon… Cette image, véhiculée par la publicité, a la peau dure. "La vérité, ce serait montrer un agriculteur bio qui gère son exploitation sur ordinateur", explique Luc Guyau, président de l'APCA et ancien président de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire. "Faire rêver sur le paysan des montagnes avec son béret pour vendre des fromages, ce n'est pas rendre service aux agriculteurs", renchérit le professionnel, partenaire du sondage.
Le paradoxe est que, malgré la nostalgie d'un âge d'or, les consommateurs sont de plus en plus exigeants : sur la qualité, la traçabilité, les prix, la protection de l'environnement. Ils sont 89% à estimer que l'agriculture doit respecter l'environnement. Une préoccupation qui vient avant le bien-être animal (78%) ou la juste rémunération des producteurs (76%).
OGM sous aucun prétexte
Exigeants mais cléments : s'il est un coupable à désigner pour la baisse de la qualité des aliments ou l'augmentation de leur prix, les agriculteurs sont épargnés. 53% des consommateurs attribuent la moins bonne qualité des produits aux industriels de l'agroalimentaire et 37% à la grande distribution. Seuls 9% pensent que les agriculteurs en sont la cause.
Un autre message que les agriculteurs ne manqueront pas d'entendre : 80% des personnes interrogées, et 85% des 35/49 ans, disent non aux productions OGM. "Soit, si c'est comme ça, autant ne pas en faire", a concédé Luc Guyau. "Mais notre devoir est de continuer la recherche car les opinions changent vite".
Photo : affiche officielle de l'édition 2004 du Salon de l'agriculture qui aura lieu du samedi 28 février au dimanche 7 mars, Porte de Versailles à Paris. La région Poitou-Charente est à l'honneur cette année.
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