© INTERNEUn enfant sur huit vit sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre ne concerne pas un pays d'Afrique noir ou d'Asie… mais la France. Le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc), présidé par Jacques Delors, publie mardi un rapport sur les enfants pauvres en France. Si l'on considère le seuil de pauvreté établi par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), soit 650 euros par mois, plus d'un million d'enfants de moins de 18 ans vivent en dessous de celui-ci.
La pauvreté n'est pas plus acceptable chez les adultes mais, le Cerc souligne que, pour les enfants, l'absence de ressources suffisantes "handicape leurs capacités à évoluer" et "pèse sur leur avenir".
Exemple scandinave
Le Cerc met en évidence plusieurs causes : les problèmes d'emploi de leurs parents, les lacunes des politiques familiales et des allocations et le caractère discriminatoire de la pauvreté : une très grande partie des ménages pauvres sont issus de l'immigration. Selon le rapport, il s'agirait moins d'un problème de niveau de salaire horaire que du "manque d'emploi" et des "conditions de l'emploi". Moins les parents sont qualifiés et plus leurs emplois sont précaires et les périodes de chômage longues. Pis, la présence d'enfants renforce les difficultés sur le marché de l'emploi, surtout dans les familles monoparentales ou les familles de plus de quatre enfants.
Contrairement aux pays scandinaves où la garde des enfants fait l'objet d'un soin particulier des pouvoirs publics, le Cerc souligne la faiblesse des aides du système français : celles-ci ne permettraient pas aux parents d'avoir recours à une garde rémunérée.
Risque de reproduction
Autre record remporté par la France : celui de l'écart de taux de pauvreté entre personnes ressortissantes ou non de l'Union européenne y est le plus élevé. Et cela n'est pas seulement dû à une moindre qualification des parents immigrés mais aussi à une discrimination à l'embauche : comment expliquer que "lorsque le chef de famille a le niveau bac, le risque de pauvreté est six fois plus élevé' s'il est immigré.
Le risque majeur de la pauvreté des enfants est la reproduction... Non pas héréditaire mais liée à l'échec scolaire. A 17 ans, près d'un enfant "pauvre" sur cinq a arrêté ses études contre un sur cent dans les milieux les plus favorisés. Les raisons ? La promiscuité dans des logements exsangue, un moindre accès aux biens culturels et au soutien scolaire. Le Cerc préconise de mettre l'accent sur la politique de l'emploi mais pas uniquement : "les dispositifs de congé parental sont insuffisants", estime le Conseil, de même que ceux de garde. Il préconise se s'inspirer du modèle scandinave. Une meilleure aide au logement permettrait d'améliorer les conditions de vie des enfants, et une intervention précoce dans le soutien scolaire permettrait d'éviter des échecs.
Photo : des enfants défavorisés lors d'un voyage organisé sur les plages bretonnes
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