© LCILa saga Air Littoral continue, jusqu'à lundi minuit au moins. C'est en effet à cette heure que le tribunal de commerce de Montpellier a fixé un nouveau et dernier délai pour permettre à la compagnie d'obtenir un renouvellement de sa licence d'exploitation. Cette désision intervient quelques heures après que le ministère des Transports a annoncé que cette licence, qui expirait le même jour, n'était pas renouvelée. Tous les vols de la compagnie ont donc cessé vendredi à minuit.
Vendredi soir, le gouvernement expliquait que la société Filature du Favreuil, filiale du groupe Alain Duménil, désignée comme repreneur, n'avait "pas été en mesure d'apporter les justificatifs et les fonds nécessaires" à la délivrance d'une nouvelle licence d'exploitation. Le Conseil supérieur de l'aviation marchande avait requis que les fonds propres soient portés à 7,5 millions d'euros au début de l'exploitation, puis renforcés d'au moins 4 millions dans les trois mois suivants. "Les services techniques de la Direction Générale de l'Aviation Civile estimant que les garanties essentielles pour assurer le fonctionnement d'Air Littoral ne sont plus réunies, il n'est pas possible, pour des raisons de sécurité des passagers, de prolonger l'activité de la compagnie", estimait le ministère dans son communiqué.
Le nouveau délai fixé par le tribunal pourrait permettre au groupe Alain Duménil de faire un premier versement d'un million d'euros, capital qui s'ajouterait à l'avance de 4 millions d'euros proposée par la région.
Pas encore liquidéeDe son côté, "attérée" par l'explication gouvernementale, la direction d'Air Littoral rappelle que "tout au long de la période de redressement judiciaire et en particulier au cours des dernières semaines, plusieurs audits réalisés par la direction générale de l'aviation civile ont conclu au respect exemplaire de la réglementation en matière de sécurité aérienne".
En outre, "la direction ne peut admettre les déclarations des ministres de Robien et Bussereau qui font état de cellules de reclassement des salariés et de mesures de développement de l'activité des aéroports concernés, alors même que la liquidation judiciaire de la compagnie n'a pas été prononcée". Dans leur communiqué, les ministres se déclarent "particulièrement attentifs à la situation des personnels et indiquent que les structures d'ores et déjà mises en place à Nice et à Montpellier seront renforcées pour faciliter leurs reclassements".
Passagers sur le tarmac
Incompréhension aussi du coté des syndicats de pilotes. Selon le SNPL et l'UNAC, "la véritable raison qui pousse la DGAC à 'débrancher la prise' est d'ordre économique, voire d'ordre hiérarchique". Les organisations réclament donc "une commission d'enquête" pour déterminer "les raisons exactes" du non-renouvellement de la licence. Les syndicats évoquent "la détresse de salariés qui vont payer l'addition" mais "qui refusent de servir d'alibi à cette euthanasie !" 450 emplois sont directement menacés.
Très concrétement et dans les heures à venir, les ministres ont "demandé aux compagnies aériennes de faire leurs meilleurs efforts pour acheminer les passagers concernés" par l'arrêt des vols d'Air Littoral.
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