Bercy joue les entremetteurs

Par S.L, le 23 avril 2004 à 15h49 , mis à jour le 23 avril 2004 à 16h18

A la demande de Nicolas Sarkozy, les patrons d'Aventis et de Sanofi-Synthélabo doivent se rencontrer dans les prochains jours pour discuter d'un rapprochement. L'Etat français marque ainsi sa nette préférence pour un mariage avec le groupe français.

Aventis logo pharmacie © INTERNE

Suite du feuilleton Aventis/Sanofi-Synthélabo/Novartis. En résumé : B aime A et lui a proposé un mariage. Mais A a lui a opoosé une fin de non recevoir tout en faisant les yeux doux à C. C est tout à fait intéressé mais ne souhaite pas froisser l'autorité parentale et ne fera sa demande en mariage qu'après avoir reçu l'accord tacite du père, ici l'Etat. Pour compliquer l'affaire, des questions d'intérêt national entrent en ligne de compte. Aventis est un groupe franco-allemand, Sanofi-Synthélabo, français et Novartis suisse.

La préférence de l'Etat français va donc à la solution d'un mariage entre Aventis et Sanofi-Synthélabo tandis que l'Etat allemand appelle à rester neutre. Le gouvernement a décidé de ne pas suivre les conseils de son cousin germain et même de forcer un peu la main de la fiancée. Confirmant une information du Figaro de vendredi, Bercy a confirmé que les patrons d'Aventis, Igor Landau,  et de Sanofi-Synthélabo, Jean-François Dehecq, devaient, à la demande de Nicolas Sarkozy, se rencontrer dans les prochains jours, au nom de "l'intérêt national". "Il est aberrant que les deux groupes ne se soient pas rencontrés jusqu'ici, alors que la proposition de Sanofi est faite depuis plusieurs mois", a-t-on justifié au cabinet du ministre.

Faire monter les enchères

Selon une source industrielle proche du dossier, M. Sarkozy semble chercher à obtenir de Sanofi qu'il améliore son offre à la fois sur le prix et sur les assurances données aux dirigeants d'Aventis quant à leur avenir. "Il ne faut pas que l'équipe dirigeante d'Aventis ait le sentiment d'être jetée dans un trou noir, il y a deux ou trois précisions à donner aux hommes clés pour savoir quel est leur destin et surtout il y a un problème de valeur", selon cette source. Le prix proposé par Sanofi-Synthélabo est, depuis le début de l'offre, jugé trop bas et par Aventis et par le marché. Il s'agirait notamment de faire surenchérir le candidat français.

Car, dans son édition de vendredi, le Wall Street Journal, écrivait que Novartis allait proposer quelque 56 milliards d'euros, soit 67 à 70 euros par action, pour racheter Aventis, une offre nettement supérieure à celle de Sanofi actuellement qui propose 47,8 milliards d'euros. Vendredi, le dossier pourrait connaître un nouveau rebondissement, l'Autorité des Marchés Financiers devant se prononcer sur la validité d'un projet d'émission de bons de souscription (BSA) d'Aventis destiné à protéger ses actionnaires en cas de fusion avec Sanofi.

Par S.L le 23 avril 2004 à 15:49
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