© INTERNELa progression du produit intérieur brut en 2003 n'a pas été de 0,2% mais de 0,5%, selon l'Insee qui a révisé en forte hausse ses statistiques. Le troisième et le quatrième trimestres de l'an dernier ont été meilleurs que prévu : la croissance a été de 0,7% alors que l'institut avait annoncé des hausses respectivement de 0,4% et 0,5%. Toutefois, la croissance de 2003 a été "la plus faible enregistrée depuis 1993", rappelle l'Insee.
Signe positif : la conjoncture "s'améliore cependant au second semestre", observe l'institut. Si les résultats détaillés du quatrième trimestre montrent une consommation des ménages qui s'infléchit par rapport au troisième trimestre (+0,4% après +0,6%), l'investissement, lui, semble reprendre du poil de la bête : celui des entreprises augmente de 0,9% après une quasi-stagnation au troisième trimestre, celui des ménages augmente de 0,5% après - 0,2%. En fin d'année, les exportations ont un peu ralenti avec un gain de 0,6% contre 0,8%. Les importations ont par contre enregistré une hausse de 2,2% après avoir stagné au troisième trimestre.
"Apprendre à se contenir"
Le déficit, en revanche, s'est encore creusé l'an dernier. Il a été de 4,1% du produit intérieur brut (contre 3,2% en 2002), "une dégradation liée aux comptes sociaux" selon l'Insee. Par conséquent, la dette publique, elle aussi, a augmenté pour atteindre la somme de 992,1 milliards d'euros. Elle se situe désormais à 63,7% du PIB. C'est au-delà des prévisions de mars. C'est surtout au-delà des 60% du PIB, ce qui place la France en infraction avec les seuils qu'elle s'est imposés avec ses partenaires européens en signant le traité de Maastricht. Or, globalement, les membres de l'Union présentent des déficits inférieurs aux 3% requis et des dettes en deçà des 60% du PIB.
Le ministre de l'Economie et des Finances a déclaré mardi matin que la France devait apprendre à "contenir ses dépenses parce que nous ne pouvons pas continuer à accumuler des déficits et un endettement", a-t-il souligné. "Chacun peut comprendre que pour son pays, comme pour sa famille, il n'est pas souhaitable de dépenser plus que ce que l'on a", a déclaré Nicolas Sarkozy qui a précisé qu'il "n'y a pas de ministre propriétaire de son budget" et qu'il "n'y a qu'un seul budget : celui de la nation". Un pavé dans la mare du ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie ?
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