© INTERNELes syndicats exprimaient lundi leurs inquiétudes après l'annonce du rachat d'Aventis par son concurrent Sanofi-Synthelabo. La plus virulente, la CGT dit "non" à cette fusion car "il y a toujours danger pour l'emploi et la politique du médicament". Si la fédération admet qu'il n'y aura peut-être pas de licenciement sec, "en réalité cela va se traduire par des milliers de suppressions d'emplois", avertit-elle. Elle réclame une industrie pharmaceutique "au service de la santé publique respectant les salaires et les activités existantes".
La CFDT, de son côté, s'est félicitée de ce qu'un "accord à l'amiable ait pu enfin être trouvé" mais elle a également souligné que "les questions sociales et industrielles restent entières". La fédération s'interroge notamment sur les sites qui seront touchés, ainsi que sur l'avenir de la filière des vaccins, des médicaments génériques et des "produits matures" (les médicaments les plus anciens). Se référant à d'autres fusions dans la branche, le syndicat estime que 10 à 15% des effectifs sont menacés, soit au moins 3000 emplois, via des cessions ou des mesures d'âge.
Satisfaite de cet accord, la fédération CFE-CGC a également averti qu'elle sera "très vigilante" sur la politique industrielle et sociale du "nouveau géant". Elle rappelle qu'en fin de compte, cet accord s'est réalisé grâce à "la surenchère de 10 milliards d'euros que les salariés de ces deux groupes vont maintenant devoir rembourser aux banques".
Pas de casse
Sans entrer dans le détails des conséquences de la fusion, le patron de Sanofi et futur patron du géant à naître, Jean-François Dehecq, s'est voulu rassurant. "Vraiment, c'est une opération qui est créatrice de valeurs pour les actionnaires mais aussi une opération dans l'intérêt des salariés", a-t-il affirmé. "La maison Sanofi, dans son mariage avec Aventis, a besoin des gens d'Aventis, parce que nous sommes une société qui a en permanence besoin d'embaucher", a-t-il expliqué. "Je ne casserai pas les entreprises pour faire des synergies", a-t-il promis, confirmant le maintien des produits matures, des vaccins et des génériques.
Les syndicats pourront compter sur l'appui de leurs homologues allemands mais aussi du gouvernement de Berlin qui a promis d'"observer de près la suite de la procédure". L'exécutif germain a promis d'être attentif non seulement au maintien des 9000 emplois d'Aventis en Allemagne mais aussi à celui des activités de recherche. Là encore, le futur groupe Sanofi-Aventis s'est montré rassurant. Le président (sur le départ) d'Aventis, Igor Landau, a indiqué que "les salariés allemands n'avaient aucune raison d'avoir des préoccupations particulières". "C'est une grande chance d'avoir un centre important de recherche comme celui d'Aventis" à Francfort, a renchérit Jean-François Dehecq.
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