© LCILe plan Donnedieu pour la Culture n'a manifestement pas convaincu. "D'ores et déjà, nous pouvons affirmer que l'on se souviendra du festival de Cannes 2004", menace la CGT-spectacle, majoritaire dans le secteur. Son secrétaire général, Claude Michel, a regretté que l'accord de juin 2003 n'ait pas été remis en cause et a fait remarquer que le fonds provisoire de 20 millions d'euros ne permettrait de verser que "trois euros par jour" aux intermittents concernés. "Le ministre de la Culture va mettre en colère non seulement les syndicats mais tous les professionnels du spectacle", a renchéri son adjoint, Jean-François Pujol.
"Nous n'évacuons aucune possibilité d'actions, et dans ce cadre tout le monde sait que le festival de Cannes s'ouvre la semaine prochaine", a expliqué plus tard Jean
Voirin, secrétaire général de la fédération CGT du spectacle. "Notre volonté n'est absolument pas de faire des menaces", a-t-il expliqué. Mais "de quel autre moyen disposons nous pour cela que d'appeler à la continuation du mouvement et de la mobilisation?", a-t-il plaidé, tout en affirmant vouloir "respecter les films, les réalisateurs, les techniciens, les artistes interprètes (de Cannes)".Très remontée également, FO a jugé que le dispositif ressemble plus à "une assistance pour artistes nécessiteux qu'à la nécessaire solidarité interprofessionnelle". Si la CFTC admet que le plan "pourrait permettre d'apporter une réponse aux cas les plus difficiles socialement", elle s'interroge "sur la manière dont seront définies les règles d'indemnisation par rapport aux intermittents qui n'auront pas atteint les 507 heures". Le dispositif "flou dans sa conception et son fonctionnement" "bute sur le manque de moyens", estime la centrale.
"Un catastrophe pour l'emploi"
"Alors que les chercheurs ont obtenu leurs postes et les chômeurs recalculés leurs droits, les artistes, techniciens et réalisateurs restent floués, et les parlementaires non écoutés", estime de son côté le comité de suivi de l'intermittence, qui réunit notamment des parlementaires de tous bords, la CGT Spectacle et la coordination des intermittents.Même si le budget paraît insuffisant, le plan "va dans le bon sens", a en revanche jugé la CFDT, qui considère le fonds comme "un premier pas vers la mise en place d'une véritable caisse complémentaire". L'Union syndicale de la production audiovisuelle et la société civile des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP) se sont également montrées satisfaites.
Jeudi sur Europe 1, le ministre de la Culture en a appelé jeudi "à la responsabilité des artistes" pour que le festival de Cannes ne soit pas "paralysé". "Ce serait une catastrophe pour l'emploi culturel", a averti Renaud Donnedieu de Vabres qui reçoit une à une jeudi les organisations d'employés et de salariés du secteur. "Je me situe dans l'urgence et dans la préparation d'un système nouveau", a-t-il insisté. "Il y a des mesures à prendre, je suis en train de les prendre, j'en ai annoncé un certain nombre hier (mercredi, ndlr), maintenant il faut qu'elles produisent des effet" a-t-il plaidé.
(Image LCI : mercredi, des intermittents réunis à Beaubourg à Paris)
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