© INTERNELa Commission européenne va autoriser dès la semaine prochaine la commercialisation du maïs transgénique Bt-11, un maïs doux de la firme suisse Syngenta. Les commissaires européens, au nombre de 30 depuis l'élargissement, doivent en effet lever le 19 mai prochain le moratoire observé depuis 1999 sur les nouveaux OGM. Les gouvernements des Quinze n'étant pas parvenus à s'entendre, il revient à la Commission de trancher sur ce dossier très mal perçu par l'opinion publique.
Mercredi dernier, les représentants des commissaires se sont réunis pour vérifier que l'autorisation faisait l'objet d'un large consensus au sein de l'exécutif européen. Seuls quatre commissaires sur trente ont fait connaître leurs réserves, selon une information du Monde. Parmi ceux-ci le Français Jacques Barrot qui souhaitait reporter la décision après les élections européennes afin de ne pas froisser un électorat plus que méfiant à l'égard des OGM.
Protectionnisme
Pour apaiser les esprits, Bruxelles a d'ailleurs pris soin de faire adopter une nouvelle législation sur l'étiquetage et la réglementation des OGM, entrée en vigueur le 18 avril. Mais l'Union européenne semble n'avoir pu ou voulu résister aux intenses pressions de la part des Etats-Unis et d'autres membres de l'Organisation mondiale du commerce, qui réclament à cor et à cris l'ouverture des frontières du Vieux Continent aux produits transgéniques.
Les pays exportateurs d'OGM estiment que les règles européennes relèvent plus du protectionnisme commercial que de préoccupations pour la santé des consommateurs ou l'environnement. Reste que l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a émis en avril dernier une opinion défavorable à l'autorisation du Bt-11
Le maïs Bt-11 résiste aux insectes et aux herbicides. En réalité, il est déjà autorisé à l'importation dans l'UE, mais sous forme d'huile et de produits dérivés. Il sera donc bientôt commercialisé en boîte de conserve, avec la mention OGM. Selon Bruxelles, 33 procédures d'autorisation d'OGM sont en cours. Neuf concernent des produits alimentaires, les autres des cultures. L'UE doit encore adopter des règles concernant la coexistence des filières traditionnelles et transgéniques, ainsi que des seuils pour la présence d'OGM dans les semences.
(Image Syngenta)
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