"Garder les hôpitaux locaux"

Par AFP, le 29 mai 2004 à 17h09 , mis à jour le 30 mai 2004 à 08h52

En visite dans le Lot, Philippe Douste-Blazy a annoncé une série de mesures visant à conserver les établissements de proximité et développer le maillage des urgences "pour éviter une France à deux vitesses en matière hospitalière".

philippe douste-blazy ministre santé plan canicule mai 2004 © INTERNE

"La logique pour moi est d'arrêter de dire que les hôpitaux locaux vont tous fermer comme on l'a dit pendant longtemps. Mon but est de (les) garder et d'y mettre en place une activité médicale", a affirmé Philippe Douste-Blazy aux personnels du centre hospitalier de Gourdon (Lot), contraint à des fermetures temporaires de lits ou de services faute de médecins. "Mais c'est vrai qu'il ne faut pas faire croire qu'il y aura des plateaux techniques très perfectionnés dans tous ces hôpitaux", a-t-il nuancé.

Le ministre de la Santé a d'abord évoqué la question des 355 hôpitaux locaux, qui représentent le tiers des hôpitaux publics et fonctionnent en milieu rural avec des médecins généralistes payés à l'acte. "Il y a eu 88 millions d'euros décidés pour ces hôpitaux il y a un an et je veux m'assurer de la réalité de ces moyens financiers sur le terrain", a-t-il déclaré. Il a annoncé qu'il nommait "aujourd'hui une commission présidée par le directeur des hôpitaux, Edouard Couty, dans laquelle il y aura également des médecins généralistes et des élus locaux pour faire le point, avec l'ARH (Agence régionale d'hospitalisation, ndlr), sur ces aides financières" et réfléchir aux moyens d'augmenter le nombre de lits de médecine.

En second lieu, Philippe Douste-Blazy a évoqué les centres hospitaliers de proximité, plus importants que les hôpitaux locaux. Pour pallier la faible attractivité de telles structures, il a annoncé que l'enveloppe forfaitaire serait revalorisée et définie d'ici trois mois, établissement par établissement, afin de leur permettre de continuer à assurer leur mission d'intérêt général.  Cette annonce vise à rassurer certains médecins, inquiets que la réforme sur la tarification à l'activité ne soit défavorable aux hôpitaux de proximité.

Conventions Samu-généralistes

Par ailleurs, le ministre déclaré qu'il souhaitait créer "un véritable maillage des urgences, pour les gens qui habitent en zone rurale n'aient pas moins de chance que les autres vis-à-vis des urgences vitales." "Vous avez aujourd'hui des zones qui sont malheureusement blanches de Smur", a-t-il déploré, souhaitant "que l'on passe des conventions entre les Samu et certains médecins généralistes que l'on formerait, à qui l'on fournirait les matériels nécessaires et qui dès l'instant où le 15 les appellerait iraient au chevet du malade".

Il a préconisé une meilleure coordination entre médecine libérale et hôpital, grâce à l'élaboration prochaine d'"une convention entre l'ARH et l'URCAM (Union régionale des caisses d'assurance maladie, ndlr) pour mieux définir la permanence des soins et la politique d'installation." Le ministre a estimé que les incitations financières à l'installation de médecins hospitaliers en milieu rural "ne marchent pas". Il attend de la direction des hôpitaux "un bilan précis", ainsi que "des propositions dans les trois mois pour savoir quelles incitations peuvent être faites afin d'améliorer la venue des médecins à l'hôpital".

(photo : Philippe Douste-Blazy)

Par AFP le 29 mai 2004 à 17:09
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