L'OPEP repousse sa décision

Par AFP, le 22 mai 2004 à 16h10 , mis à jour le 22 mai 2004 à 15h52

Les pays exportateurs de pétrole ont repoussé au 3 juin leur décision sur une éventuelle augmentation de leur production, afin de faire baisser les cours du baril.

raffinerie petrole gaz indust.entrep economie © INTERNE

D'un côté, l'Opep samedi à Amsterdam. De l'autre, le G7-finances samedi et dimanche à New York. Au centre : la flambée du baril de pétrole. Dopés par une hausse effrénée de la demande chinoise, des capacités de raffinage insuffisantes pour satisfaire la soif d'essence des automobilistes Américains, les tensions en Irak et les craintes d'attentats terroristes au Proche Orient, les cours du brut caracolent en effet à des niveaux inédits depuis 1990, à hauteur de 40 dollars le baril.

Le franchissement de ce seuil symbolique a donné le signal d'une levée de boucliers dans les pays consommateurs, qui craignent de voir le redémarrage de la croissance étouffé dans l'oeuf par la facture pétrolière. La crainte est si aigüe qu'elle éclipse les autres sujets de préoccupation des ministres des Finances des pays industrialisés du G7 (Etats-Unis, Japon, Canada, Grande-Bretagne, Italie, France, Allemagne) et de la Russie. Le G7 exprime  "sa préoccupation à l'Opep à propos de l'impact de la hausse des prix du pétrole", affirment les ministres britannique, allemand et français des Finances, Gordon Brown, Hans Eichel et Nicolas Sarkozy, dans une tribune publiée simultanément dans trois quotidiens européens.

Proposition saoudienne

L'Opep, qui se dit soucieuse du dialogue avec les pays consommateurs, ne pouvait pour sa part se permettre de faire la sourde oreille. L'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de pétrole et chef de file du cartel,  a fait savoir vendredi qu'elle était favorable à une augmentation du plafond de production des pays de l'Opep de plus de 2 millions de barils par jour (mbj) et a indiqué qu'elle augmenterait sa propre production de brut d'environ 1,4 million de barils par jour en juin. L'annonce a immédiatement fait chuter le prix du brut à New York. Le baril a fini la séance de vendredi en baisse de 87 cents à 39,93 dollars, clôturant ainsi sous la barre symbolique des 40 dollars pour la première fois depuis le 10 mai.

Mais si le Koweit et le Qatar soutiennent la position saoudienne, d'autres pays se montrent plus circonspects. L'Opep produit actuellement entre 85 et 90% de sa pleine capacité, et n'est donc "pas responsable des prix élevés du pétrole", a ainsi estimé le président du cartel, l'Indonésien Purnomo Yusgiantoro, reprenant un argument constant de l'Opep selon lequel la hausse des prix ne serait pas due au manque d'offre sur le marché, mais aux tensions géopolitiques. 

Finalement, les ministres de l'Opep, qui se réunissait en fait de manière informelle aux Pays-Bas, ont repoussé au 3 juin, date de séance plénière de l'organisation à Beyrouth, leur décision.

(photo d'archives)

Par AFP le 22 mai 2004 à 16:10
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