Le pétrole bat record sur record

Par AFP, le 14 mai 2004 à 20h05 , mis à jour le 14 mai 2004 à 20h14

Le prix du baril a battu ce vendredi son plus haut niveau historique, atteignant 41,56 dollars. Le dernier pic avait été enregistré en 1990, juste avant la première guerre du Golfe.

raffinerie petrole gaz indust.entrep economie © INTERNE

Le pétrole brut vole de record en record à New York depuis plusieurs séances, dans un marché incapable de prédire où va s'arrêter cette flambée liée aux tensions extrêmes au Moyen-Orient et à des stocks d'essence très serrés. En début de séance vendredi, le baril de brut a battu son record absolu en atteignant 41,56 dollars. Le précédent record de 41,15 dollars avait été atteint il y a près de 14 ans, le 10 octobre 1990, peu avant le début de la guerre du Golfe.  Jeudi, le pétrole avait déjà atteint à New York un record historique en clôture, à 41,08 dollars, effaçant ainsi le précédent plus haut en clôture de la veille (40,77). En trois semaines, la hausse du brut s'est accélérée : il a pris près de 6 dollars.

"Une combinaison de facteurs a mené à cette flambée sans précédent : nous avons une forte demande soutenue par une forte croissance économique en Chine et aux Etats-Unis ainsi qu'un fort risque géopolitique au Nigeria et au Venezuela, où nous pourrions voir des perturbations de la production cette été", explique Jim Burkhard, analyste du Cambridge Energy Institute. Mais "le principal changement depuis quelques semaines", souligne-t-il, "c'est l'instabilité en Irak et en Arabie saoudite", suite à deux attentats contre des installations pétrolières ces trois dernières semaines dans ces pays. "Cela a affolé le marché, qui était déjà inquiet depuis quelque temps de la situation en Irak".

50 dollars ?

En outre, le marché s'inquiète de l'approvisionnement en essence, dont les prix volent aussi de record en record, alors que les stocks sont très faibles par rapport à leurs normales saisonnières et que la demande est anormalement forte aux Etats-Unis. "Les fondamentaux de l'offre et de la demande justifient des prix autour de 35 dollars (le baril de brut, ndlr). La prime de risque géopolitique représente la différence", juge M. Burkhard. Pour lui comme pour Yasser Elguindi, analyste de Meddley Global Advisors, le marché a raison de s'inquiéter. "Les prix reflètent la réalité", estime ce dernier.

Les experts s'attendent même à ce que les prix de l'or noir continuent leur escalade. Steve Bellino, analyste de la maison de courtage Fimat, pense tout à fait envisageable que le pétrole monte jusqu'à 43 dollars. Pour Yasser Elguindi, le pétrole devrait prendre encore un dollar en séance mais, en cas de nouvel "événement majeur, il pourrait bondir beaucoup plus haut". "Les cours peuvent très certainement monter jusqu'à 45 dollars le baril avant de se stabiliser, voire 50 dollars en cas d'attaque sérieuse" contre des installations pétrolières, renchérit Jim Burkhard.

(photo d'archives)

 

Par AFP le 14 mai 2004 à 20:05
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