© INTERNEtf1.fr : Vous faites partie des 613 000 "recalculés" de l'Unedic : c'est une décision importante pour vous ?
Pascale* : C'est magnifique… mais c'est sûr ? Oui ? Ca va tout changer pour moi. Je suis au chômage depuis 14 mois. Lorsque je me suis inscrite aux Assedic, j'ai signé un Pare (Plan d'aide au retour à l'emploi, ndlr) et je devais être indemnisée pendant 30 mois c'est-à-dire jusqu'au 18 août 2004. J'ai ensuite, comme tous les autres, reçu un courrier m'annonçant que mes allocations chômage allaient être ramenées à 23 mois, soit prendre fin au 18 janvier 2004. Au début, j'étais optimiste, je me disais que d'ici là, j'aurais retrouvé un travail. Mais le marché est vraiment difficile; j'ai envoyé pas moins de 270 CV depuis que je suis sans emploi mais jusqu'à présent ça n'a débouché sur rien.
tf1.fr : Est-ce que cette décision va avoir un impact sur votre vie, votre recherche d'emploi ?
Pascale : Oui, un effet immédiat. J'étais tellement aux abois que je m'apprêtais à accepter un poste en province au salaire que j'avais lors de ma première embauche il y a douze ans. Mais je n'avais pas tellement le choix : mon mari et moi avons des charges importantes, nous avons acheté un appartement, nous avons une nounou pour garder notre fille... bref, nous avons vraiment besoin d'un deuxième salaire. Depuis le mois de janvier, je puisais dans mes économies. J'allais vendre ma voiture. Là, je vais continuer à chercher un travail d'arrache-pied mais pas n'importe lequel.
tf1.fr : Considérez-vous qu'il ne s'agit que d'un juste retour des choses ?
Pascale : Je n'ai pas du tout un tempérament d'assisté mais avec le Pare, j'ai signé un contrat, ce qui signifie que j'ai des obligations mais aussi des droits. C'est comme si j'avais signé un CDD de 30 mois et qu'on me disait que pour des problèmes de trésorerie, il a été ramené à 23 mois. Pour moi, quand on s'engage à quelque chose, on s'y tient même si je suis bien consciente qu'en France, nous sommes assez privilégiés.
Au début, je n'avais rien fait parce que pour moi c'était le pot de terre contre le pot de fer. Mais quand j'ai appris la décision du tribunal de Marseille le mois dernier, je me suis dit, "pourquoi pas moi ?" J'avais donc contacté des associations de chômeurs et déposé une requête. Ce n'était pas seulement pour l'argent, même si évidemment j'en ai besoin, mais aussi pour faire entendre ma voix. Aujourd'hui en tout cas, c'est une très bonne nouvelle.
*Pascale, 36 ans, mariée, un enfant, cadre dans les médias, au chômage depuis 14 mois, habite en région parisienne.
Les "recalculés" sont les 613 000 personnes qui avaient ouvert un dossier aux Assedic en 2002 et qui, dans le courant de l'année 2003, avaient appris que la durée de leur indemnisation chômage serait réduite du fait de la nouvelle convention Unedic adoptée en décembre 2002. La majorité des "recalculés" avaient ainsi vu leurs indemnités chômage passer de 30 mois à 23 mois. Suite à l'annonce faite lundi soir par Jean-Louis Borloo, ces derniers toucheront leurs allocations comme prévu initialement. Mardi matin, l'Unedic a précisé que le remboursement du "manque à gagner" se ferait automatiquement. Nul besoin donc de se signaler auprès de l'Unedic ou des Assedic. L'organisme était en revanche dans l'incapacité de se prononcer sur un délai de remboursement. Les mois dus seront payés en une seule fois puis les mois restants seront versés normalement. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




