© INTERNELe ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier a annoncé lundi que le gouvernement lancera le 1er janvier un système de "bonus-malus". Les montants n'étaient pas encore définis précisément mais il a cité plusieurs exemples : un acheteur d'un véhicule très polluant de type 4X4 équipé d'un moteur diesel V8 acquitterait une taxe de 3.000 euros à l'achat. Une voiture haut de gamme française, comme la Renault Velsatis, serait taxée à hauteur de 1.500 euros. "Un million de véhicules légers sur 2 millions vendus annuellement ne seraient pas taxés", a précisé Serge Lepeltier. En revanche, un véhicule peu polluant, de type Peugeot 206 diesel équipé d'un filtre à particule, bénéficierait à l'achat d'un "bonus" de 800 euros.
Le bonus malus prendrait en compte à la fois les émissions de CO2 et la pollution des particules fines émises principalement par les diesel. Le plan climat qui sera dévoilé durant la première quinzaine de juillet, préciser les critères polluants retenus par le gouvernement. Et selon Renault, il est urgent d'attendre. "Nous n'avons pas assez d'informations sur les modalités d'application de la mesure et nous préférons attendre avant de réagir", a déclaré un porte-parole de la firme française.
A l'usage
Chez PSA Peugeot Citroën, on estime surtout que l'effet pourrait déstabiliser le marché. Si son application intervient début janvier 2005, les personnes souhaitant acheter un gros modèle pourraient se dépêcher de l'acheter afin d'échapper à la taxe et les autres attendre pour bénéficier du bonus. Cela risque de perturber le marché français de manière significative", estime un porte-parole de PSA. Le constructeur préfèrerait que la mise en application soit immédiate.
Même crainte chez Renault qui, s'il n'est pas contre le principe d'une taxe préfèrerait que celle-ci s'applique à l'usage plutôt qu'à l'achat : "Quelqu'un peut acheter un 4x4 mais ne s'en servir qu'une fois par an tandis qu'une personne peut faire chaque jour plusieurs centaines de kilomètres avec un petit véhicule : qui est le plus polluant dans ce cas-là ? ", interroge-t-on chez Renault.
En attendant l'hydrogène
Les constructeurs français sont tous deux bien placés sur l'équipement des voitures diesels en filtres à particules. PSA a vendu plus de 700.000 véhicules en Europe équipés de ces filtres depuis le printemps 2000. Les filtres sont installés en série sur toute la gamme Peugeot avec une motorisation diesel de plus de 100 chevaux, mais seulement sur le haut de gamme Citroën (C5 et C8). Renault pour l'instant ne propose le FAP en série que sur sa berline haut de gamme Vel Satis en Allemagne.
Quant aux constructeurs de 4x4, mis à l'index depuis plusieurs semaines, la sérénité est également de mise… pour le moment. Chez Nissan France, deuxième vendeur de 4X4 en France derrière le Rav 4 de Toyota, on avance que si le véhicule était taxé à l'achat, cela reviendrait à taxer également les familiales comme la Laguna qui ont le même moteur. Et de citer l'exemple de son X-Trail à l'hydrogène testé en ce moment au Japon : "Nissan a déjà la voiture de demain strictement non-polluante". Oui mais au Japon.
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