Espionnage entre gentlemen

Par RG, le 01 juillet 2004 à 07h00 , mis à jour le 01 juillet 2004 à 14h37

Le groupe de distribution britannique Marks and Spencer est la cible d'un raid financier. Dernier épisode en date de cette bataille, l'espionnage des conversations téléphoniques du patron de la célèbre entreprise.

Marks and Spencer enseigne mars 2001 © INTERNE

Au départ, le scénario de ce qui est devenue l'affaire Marks and Spencer (M&S) est celui d'une opération boursière comme beaucoup d'autres. Ce fleuron de la distribution, est convoitée par un célèbre milliardaire Philip Green, dont elle rejette fermement toutes les avances depuis le 27 mai. Dans le camp de M&S, la défense est menée tambour battant, par le nouveau directeur général du groupe, Stuart Rose, qui est lui aussi une star de la distribution en Angleterre. Mercredi, la presse londonienne révèle qu'un habile imposteur est parvenu à obtenir des informations sur les communications téléphoniques récentes de Stuart Rose. Le mystérieux espion a non seulement trompé l'opérateur téléphonique du patron de M&S sur son identité, mais a également réussi à…installer un mot de passe, donnant accès au téléphone de sa cible.

Ce nouvel épisode intervient alors que Stuart Rose, était déjà empêtré dans ce qui ressemble à un cas de délit d'initié. Interrogé mardi, par l'autorité des services financiers, le tout nouveau patron de M&S est soupçonné d'avoir acheté 100.000 titres Marks and Spencer, le 7 mai, soit près de 3 semaines avant que Philip Green ne dévoile son projet de rachat. Acculé et mis sous pression par la presse, Stuart Rose balaye ces accusations, et affirme qu'il ignorait que son ex-ami voulait mettre la main sur la totalité du groupe de distribution.

Des profits illicites

Les fins limiers du gendarme de la bourse de londres ne s'en laissent pas compter, car les faits sont pour le moins troublants, et les profits colossaux. C'est en effet le 27 mai, que Philip Green a dévoilé son projet de raid, faisant flamber l'action sur les marchés. Les heureux élus ont alors engrangé de très juteuses plus-values. Selon le Financial Times, les frères Reuben (riches investisseurs spécialisés dans l'immobilier) auraient acheté des titres revendus rapidement, avec 655.500 euros de profit. Mieux encore, Michael Spencer, patron de la maison de courtage Icap, a raflé des titres pour la somme astronomique de 5 millions de livres dans les même conditions, générant des profits qu'on imagine à la hauteur de l'investissement.

Rien ne manque donc à cette affaire : une bataille boursière géante, des délits d'initiés présumés, de l'argent à profusion, et cerise sur le gâteau, le Times qui révèle que l'espion qui a écouté les converstions du patron de Marks and Spencer, pourrait bien être le sbire d'un des puissants journaux à scandale britanniques. Ces derniers ont déjà utilisé de telles méthodes, notamment pour enregistrer les conversations torrides du prince Charles avec sa maîtresse. Même pour les financiers flegmatiques de la City, tant de rebondissements agacent, surtout dans une opération qui pèse 12,7 milliards d'euros.

Par RG le 01 juillet 2004 à 07:00
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