Faudra-t-il une loi pour baisser les prix ?

Par S.L, le 17 juin 2004 à 16h09 , mis à jour le 16 juin 2004 à 18h23

Industriels et distributeurs avaient jusqu'à aujourd'hui pour se mettre d'accord sur une façon de baisser équitablement les prix. En cas de statu quo, Nicolas Sarkozy avait prévenu qu'il serait obligé de légiférer.

sarkozy table ronde distribution © INTERNE

 Au lendemain de la table-ronde qui avait réuni industriels et distributeurs à Bercy il y a une dizaine de jours, l'enthousiasme était de rigueur. Aucune ombre au tableau de Nicolas Sarkozy qui avait réussi l'exploit de mettre tout le monde d'accord sur l'épineuse question des marges-arrière. Les uns et les autres allaient rogner sur leurs marges pour faire baisser les prix.

Mais à la veille de conclure, les volontés sont moins affirmées. De plus en plus de distributeurs et d'industriels se disaient mardi réticents à signer jeudi le projet d'accord élaboré par le ministère des Finances. "Mon pronostic est que l'on ne signera pas jeudi", a indiqué un distributeur hostile au texte ayant souhaité garder l'anonymat. "De plus en plus d'industriels sont très réticents à signer, et pourraient dire non à Sarkozy car ils craignent que leurs marges soient laminées", ont renchéri plusieurs sources industrielles, toujours sous le couvert de l'anonymat.

Une loi au cas où

L'objectif de Nicolas Sarkozy est de baisser les prix au consommateur de 3% cet automne et 2% de plus en 2005. Le projet d'accord, après de nombreux remaniements, inclut aussi quantité d'autres mesures qui répondent aux souhaits de l'une ou l'autre des parties. En cas d'échec d'un consensus, le ministère prépare une loi. "Le gouvernement se tournera alors vers la représentation nationale et lui dira: voilà pourquoi l'accord n'a pas pu avoir lieu, voilà pourquoi on a pas pu rendre le pouvoir d'achat aux Français qu'ils attendent, et à ce moment là il sera temps de fixer de nouvelles règles législatives", a averti Nicolas Sarkozy mercredi à l'Assemblée nationale. Un groupe de députés de gauche et de droite ont préconisé mercredi dans un rapport sur les pratiques commerciales de "fixer par la loi, des seuils maximaux pour les marges arrières" et de les réduire de 30%.

Plus optimiste, le président de la FCD (Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution) Jérôme Bédier a assuré que "les distributeurs sont prêts à jouer le jeu si l'accord est équilibré". Michel-Edouard Leclerc s'est lui montré prudent. "Je ne sais pas" ce qui se passera jeudi, a-t-il indiqué, soulignant que son groupement signera l'accord si celui lui "permet de répercuter au consommateur les conditions d'achat et lui donne les moyens de s'opposer aux hausses tarifaires exagérées de certains fournisseurs", c'est-à-dire en modifiant la loi Galland sur la revente à perte.

Photo : Nicolas Sarkozy lors de la table-ronde organisée à Bercy début juin.

Par S.L le 17 juin 2004 à 16:09
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