Finances : Sarkozy ne veut pas relâcher l'effort

Par D.S., le 24 juin 2004 à 11h31 , mis à jour le 24 juin 2004 à 12h04

Lors du débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée, le ministre de l'Economie a répété jeudi que l'objectif restait d'assainir les finances de la France. Des recettes inattendues seraient consacrées en priorité à la réduction du déficit.

Sarkozy Nicolas budget assemblée juin 2004 (LCI) © LCI

Malgré les bonnes nouvelles en provenance de l'Insee qui prédit 2,3% de croissance cette année, Nicolas Sarkozy n'entend pas lâcher la bride. Lors du débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée, le ministre de l'Economie et des Finances a répété que la France comptait bien respecter ses engagements européens (notre encadré) et renouer avec des finances plus saines d'ici 2005.

"Pour revenir en dessous des 3% du PIB, sans avoir à agir, souligne le ministre, il faudrait en réalité que la croissance revienne très vite à 3%". A défaut, conclut le ministre, un plan d'action reste d'actualité. Une des pièces maîtresses serait la fixation d'une règle en vertu de laquelle deux tiers des excédents de recettes de l'Etat seraient consacrés d'office à la réduction du déficit budgétaire. "Le solde serait affecté à des dépenses de recherche, d'investissement ou à des allègements d'impôts très ciblés et temporaires", a proposé Nicolas Sarkozy.

Définir les priorités

A propos des dépenses, le locataire de Bercy a insisté une nouvelle fois sur le fait que "tout ne peut pas être prioritaire". "Pendant des décennies, à  force de ne pas choisir, on en est arrivé progressivement à rajouter les priorités les unes aux autres", a déploré le ministre. "L'éducation, l'emploi, la recherche, la justice, la sécurité, sont dans l'absolu, évidemment, des priorités, a admis Nicolas Sarkozy, mais aujourd'hui, la contrainte de l'endettement (…) nous oblige à choisir". "Nous devons cibler beaucoup plus finement les dépenses à privilégier, en préservant en premier lieu, c'est notre devoir, les dépenses qui engagent l'avenir", a-t-il indiqué.

Côté recettes (les impôts), le ministre n'a pas l'intention des les réduire au premier signe d'éclaircie. A l'inverse, il ne juge pas non plus envisageable d'augmenter les prélèvements obligatoires. Pour le moment donc, le statu quo est de mise. Néanmoins, Nicolas Sarkozy promet, "dès que la situation budgétaire le permettra, d'alléger les prélèvements obligatoires qui entravent notre activité".

Un Pacte à géométrie variable

"L'objectif de déficit à moyen terme n'est pas forcément le même pour un  pays qui a un lourd endettement et un système de retraite déséquilibré et pour un pays qui connaît la situation contraire. Les Anglais ont une dette de 40% et un déficit de 3,2%, c'est moins grave que pour un pays qui a 106% de dette. Dire cela, ce n'est pas vouloir s'extraire des règles du Pacte de stabilité, c'est en demander une lecture adaptée au cycle : 3% de déficit quand on a 3% de croissance, c'est beaucoup trop et c'est très préoccupant, mais 3% de déficit quand on a une récession de 1%, cela n'a aucune espèce d'importance. Oui, il faut un Pacte de stabilité, mais la question n'est pas celle de 3% de déficit ou 60% de dette mais de la lecture et de l'interprétation du Pacte de stabilité"

(Image LCI/LCP : Nicolas Sarkozy à l'Assemblée)

Par D.S. le 24 juin 2004 à 11:31
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