© INTERNEPas de doute : il y a un avant et un après Sarkozy. Sur la route à tout le moins. On en veut pour nouvelle preuve inattendue les courbes de vente des équipementiers spécialisés dans les limiteurs de vitesse. Depuis la généralisation des radars automatiques et la répression systématique qui l'accompagne, les automobilistes sont de plus en plus nombreux à vouloir "brider", sinon leur véhicule, leur envie de vitesse.
Plusieurs techniques existent. Mais, le plus régulièrement, le choix se fait entre le régulateur ou le limiteur de vitesse. Le premier permet de stabiliser la vitesse avec une précision de l'ordre du kilomètre à l'heure sans plus toucher aux pédales. Le second fixe, quant à lui, un plafond à ne pas dépasser. Le conducteur conserve le pied sur l'accélérateur et peut moduler sa vitesse en dessous de la limite qu'il s'est fixée lui-même.
Démocratisation
"Jusqu'il y a peu, à la différence de l'Allemagne ou des Pays-Bas, la vente de régulateurs de vitesse en France était un échec complet", avoue Jean-Michel Rouilleaux, directeur du département "constructeurs" chez Siemens. Depuis le début de l'année, la demande a explosé. "Nous avons écoulé en trois mois ce que nous avions vendu en dix ans", assure l'équipementier qui y voit un effet de "la peur du bâton de gendarme".
![]() Le limiteur intelligent se règle sur la vitesse du véhicule précédent - Delphi |
Des systèmes intelligents
Même son de cloche chez Renault où le limiteur est en option sur l'ensemble de la gamme à l'exception des Clio. Récemment, le PDG Louis Schweitzer s'est dit favorable au limiteur, révélant que "cette option venait désormais en deuxième position des demandes de la clientèle, juste après la climatisation". "S'il y a un 'effet radars', admet-on chez PSA, c'est dans la façon de percevoir le régulateur : hier, supplément de confort et, aujourd'hui, outil pour éviter l'amende".
Mais les constructeurs insistent sur l'aspect volontaire de la démarche : c'est le conducteur qui fixe ses propres limites. Pas question d'accepter un bridage systématique des moteurs. La tendance est plutôt à l'amélioration des systèmes existants, en les rendant "intelligents". Ici, le conducteur n'est plus seul à définir sa vitesse. Celle-ci est déterminée en fonction des autres véhicules, grâce à des radars, des lasers ou des capteurs ultrasons. La Jaguar XKE est équipée par un tel système, conçu par l'équipementier Delphi. On est dans le haut de gamme, certes, mais cette technologie ne manquera pas de se démocratiser.
Quand la sagesse vient du ciel |
C.S.
(Image d'archive : les radars automatiques florissent le long des routes)
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