Les limiteurs de vitesse dans l'air du temps

Par David Straus et Cécile Sixou, le 24 juin 2004 à 09h44 , mis à jour le 30 juin 2004 à 17h28

Les radars automatiques et la politique plus répressive en matière de sécurité routière dopent la vente des systèmes permettant de plafonner la vitesse des automobiles. Chez certains constructeurs, les régulateurs viendraient juste après la climatisation dans le choix des options.

radar automatique route trafic france (lci) © INTERNE

Pas de doute : il y a un avant et un après Sarkozy. Sur la route à tout le moins. On en veut pour nouvelle preuve inattendue les courbes de vente des équipementiers spécialisés dans les limiteurs de vitesse. Depuis la généralisation des radars automatiques et la répression systématique qui l'accompagne, les automobilistes sont de plus en plus nombreux à vouloir "brider", sinon leur véhicule, leur envie de vitesse.

Plusieurs techniques existent. Mais, le plus régulièrement, le choix se fait entre le régulateur ou le limiteur de vitesse. Le premier permet de stabiliser la vitesse avec une précision de l'ordre du kilomètre à l'heure sans plus toucher aux pédales. Le second fixe, quant à lui, un plafond à ne pas dépasser. Le conducteur conserve le pied sur l'accélérateur et peut moduler sa vitesse en dessous de la limite qu'il s'est fixée lui-même.

Démocratisation

"Jusqu'il y a peu, à la différence de l'Allemagne ou des Pays-Bas, la vente de régulateurs de vitesse en France était un échec complet", avoue Jean-Michel Rouilleaux, directeur du département "constructeurs" chez Siemens. Depuis le début de l'année, la demande a explosé. "Nous avons écoulé en trois mois ce que nous avions vendu en dix ans", assure l'équipementier qui y voit un effet de "la peur du bâton de gendarme".


Le limiteur intelligent se règle sur la
vitesse du véhicule précédent - Delphi 
Le coût moyen d'un tel équipement est de 200 euros. Mais il n'est pas toujours évident de trouver un installateur compétent. De plus les constructeurs d'automobiles sont réticents à toute modification de leurs véhicules après achat. Nombreux sont ceux qui proposent les régulateurs en option, sur les modèles neufs. "Ça fait plusieurs décennies que ce genre d'équipement existe, remarque-t-on chez Peugeot, ce qui a changé ces dernières années, c'est que l'option est proposée en entrée de gamme".

Des systèmes intelligents

Même son de cloche chez Renault où le limiteur est en option sur l'ensemble de la gamme à l'exception des Clio. Récemment, le PDG Louis Schweitzer s'est dit favorable au limiteur, révélant que "cette option venait désormais en deuxième position des demandes de la clientèle, juste après la climatisation". "S'il y a un 'effet radars', admet-on chez PSA, c'est dans la façon de percevoir le régulateur : hier, supplément de confort et, aujourd'hui, outil pour éviter l'amende".

Mais les constructeurs insistent sur l'aspect volontaire de la démarche : c'est le conducteur qui fixe ses propres limites. Pas question d'accepter un bridage systématique des moteurs. La tendance est plutôt à l'amélioration des systèmes existants, en les rendant "intelligents". Ici, le conducteur n'est plus seul à définir sa vitesse. Celle-ci est déterminée en fonction des autres véhicules, grâce à des radars, des lasers ou des capteurs ultrasons. La Jaguar XKE est équipée par un tel système, conçu par l'équipementier Delphi. On est dans le haut de gamme, certes, mais cette technologie ne manquera pas de se démocratiser.

Quand la sagesse vient du ciel

Et si un système rappelait en permanence aux chauffeurs distraits les limitations de vitesse ? Un tel projet est testé en ce moment en situation réelle à l'ouest de Paris sur des Peugeot 307 et des Renault Laguna 2. Le LAViA (limitateur s'adaptant à la vitesse autorisée) indique au conducteur la vitesse autorisée à l'endroit précis où il se trouve grâce au système de navigation par satellite GPS. Selon le chef de projet, Jacques Ehrnich, "les résultats de l'expérience ne seront transmis que fin 2005". Mais le ministère insiste déjà : il ne s'agit ni de brider automatiquement la voiture, ni surtout de surveiller les déplacements.
C.S.

(Image d'archive : les radars automatiques florissent le long des routes)

Par David Straus et Cécile Sixou le 24 juin 2004 à 09:44
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