Nouvel assaut contre les 35 heures

Par S.L avec AFP, le 01 juillet 2004 à 16h59 , mis à jour le 01 juillet 2004 à 16h10

Tirs nourris mercredi contre les 35 heures : Jean-Pierre Raffarin, Dominique Bussereau, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo puis le Medef ont tour à tour relancé le débat sur la durée du temps de travail. "Quel est le pays au monde qui s'est donné ces boulets aux pieds ?", a interrogé le ministre de l'Economie.

conseil national ump raffarin sarkozy © INTERNE

"C'est la fin des 35 heures", a estimé François Hollande jeudi sur France Info. Le premier secrétaire du Parti Socialiste réagissait aux multiples déclarations du gouvernement et du Medef de ces deux derniers jours. Dominique Bussereau a ouvert le feu mercredi matin lors d'un salon consacré aux PME en déclarant que le gouvernement examinait "des possibilités d'assouplissements supplémentaires des 35 heures". Car, selon le secrétaire d'Etat au Budget, les 35 heures "deviendront peu à peu une norme obsolète" pour le temps de travail en France.

Dans la foulée, Jean-Louis Borloo, qui présentait son plan de cohésion sociale, a annoncé l'ouverture de négociations avec les partenaires sociaux sur des aménagements et assouplissements des 35 heures. Ces derniers auront six mois pour discuter, notamment, de ce thème. Ensuite, "le gouvernement prendra le relais" et légifèrera a expliqué Gérard Larcher, ministre délégué aux relations du travail.

"Empêcher les gens de travailler"

Mais c'est de la part de Nicolas Sarkozy que les remises en cause ont été les plus nettes. Toujours lors du salon "Planète PME", le ministre de l'Economie et des Finances a déclaré qu'il "ne faut pas craindre une réforme profonde" des 35 heures. Selon lui, le débat doit s'organiser de la manière suivante : "que ceux qui veulent rester aux 35 heures y restent, mais que ceux qui veulent en sortir puissent le faire". Le patron de Bercy souhaite supprimer "toute forme de taxation sur les heures supplémentaires" estimant qu'il ne voyait "vraiment pas pourquoi on devrait pénaliser un entrepreneur qui veut donner davantage de travail ou un salarié qui veut en faire davantage".

Faisant référence aux allègements de charges sociales consenties aux entreprises qui ont réduit le temps de travail, Nicolas Sarkozy a expliqué que "la France n'a pas les moyens de consacrer 16 milliards d'euros par an (…) pour empêcher les gens de travailler. Imaginez ce qu'on peut faire avec 16 milliards d'euros". Le ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian a d'ailleurs jugé jeudi sur BFM "souhaitable de renégocier" sur le montant des baisses de charges accordées aux entreprises.

Les entreprises hésiteront-elles entre l'allongement de la durée de travail et le maintien de la baisse de charges ? A choisir, elles prendraient sans doute les deux et, si possible, sans augmentation de salaire. Le numéro 2 du Medef a estimé mercredi sur BFM que les PME qui ont augmenté la durée de travail de leurs employés sans hausse de salaire "pourraient faire école". Cependant, "personne pour le moment ne propose d'augmenter la durée du travail sans augmenter les salaires", a regretté Denis Gautier-Sauvagnac.

Photo : Nicolas Sarkozy, ministre de l'Economie et des Finances
lors du conseil national de l'UMP le week-end dernier.

Par S.L avec AFP le 01 juillet 2004 à 16:59
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