La réforme de la Sécu pas suffisante selon Bercy

Par , le 25 juin 2004 à 10h09 , mis à jour le 25 août 2004 à 15h39

Selon une note confidentielle de Bercy citée par Les Echos, la réforme de l'assurance maladie préparée par Philippe Douste-Blazy ne suffirait pas à combler le déficit du régime d'ici trois ans.

DR © INTERNE

Un coup pour rien ou presque ? Le déficit de l'assurance maladie devrait rester largement déficitaire et ce, malgré le projet de loi du ministre de la Santé qui sera examiné à l'Assemblée nationale le 29 juin, selon l'édition vendredi du quotidien Les Echos. Ce dernier rend publique une note interne et confidentielle du ministère de l'Economie selon laquelle le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale, qui devrait atteindre 12,9 milliards d'euros en 2004, devrait rester dans le rouge d'ici la fin de la législature avec "au mieux de 7 milliards d'euros, au pis de 15 milliards".

Pour arriver à ces chiffres alarmants, la direction de la prévision du ministère de l'Economie a intégré différentes hypothèses sur "le comportement des malades et des médecins" en fonction de leur réaction à la nouvelle réforme sur la consommation des médicaments, selon le quotidien. Mais le ministère de l'Economie estime qu'il est souvent difficile de "quantifier" certains éléments. Il reproche au ministère de la Santé de ne pas avoir "été en mesure de projeter sur les trois prochaines années l'évolution des dépenses d'assurance maladie".

La faute à la "technocratie"

Vendredi matin, le secrétaire d'Etat au Budget est parti en éclaireur pour calmer les esprits : Dominique Bussereau a indiqué que Nicolas Sarkozy et lui-même sont "tout à fait en phase" avec le plan de réforme du ministre de la Santé. "C'est un excellent plan, si quelques technocrates de-ci, de-là n'y croient pas, ça ne m'étonne pas, la technocratie n'aime jamais quand on fait de la politique" a-t-il lancé sur LCI.

Philippe Douste-Blazy a indiqué que son ministère allait remettre dans la journée une note au ministère de l'Economie et des Finances en forme de réponse point par point. "Il y a deux logiques, deux cultures qui s'affrontent", a déclaré le ministre. "Il y a d'un côté la culture de la régulation médicalisée" des dépenses de santé, "fondée sur le dialogue, la culture de la négociation". Et "d'un autre côté, dans une certaine technocratie, la culture de la régulation comptable, punitive et comptable". "Cette dernière ne marche pas, elle n'a jamais marché".

"Cataplasme"

"Les comptables de Bercy ont à nouveau frappé", affirme dans un communiqué le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF, majoritaire), Michel Chassang. "Alors que la réforme à venir tranche avec ces méthodes du passé et mise sur un changement de comportement à la fois des professionnels de santé et des patients en leur demandant des efforts partagés, cet épisode lamentable prend le risque de briser cette nouvelle dynamique", déplore le président du puissant syndicat médical.

La note du ministère de l'Economie "valide toutes nos alertes sur le caractère mensonger et inefficace du plan de sauvetage de l'assurance maladie", a estimé M. Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale. "Son plan n'est pas une réforme, c'est un cataplasme", a-t-il dit. "Il est impératif que le Parlement refasse de fond en comble le plan du gouvernement.

Photo : la Une du journal Les Echos du vendredi 25 juin

Par Sophie Lutrand le 25 juin 2004 à 10:09
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