© ManreoPas facile de trouver un taxi dans la capitale le matin ou le soir. Les Parisiens et les touristes en ont fait plus d'une fois l'amère expérience. Et ce n'est pas une vue de l'esprit : selon le Gescop, un important groupement français de taxis, 70% des demandes ne seraient pas satisfaites aux heures de pointe dans Paris intra-muros. Bien conscients de cette pénurie, les services de la Ville réfléchissent depuis longtemps à des solutions. "Le principal problème dans la capitale est la répartition des taxis car ils sont en nombre suffisant, explique-t-on à la mairie de Paris. Actuellement, le matin ou le soir, les chauffeurs préfèrent travailler aux abords des aéroports ou aux portes. En instaurant un tarif plus élevé, on espère les convaincre de revenir dans la capitale".
En effet, l'idée est simple : il s'agit de mettre en place un tarif modulé en fonction des horaires. Concrètement, le prix des courses augmenterait de 10% aux heures de pointe (de 7 heures à 10 heures et de 17 heures à 19 heures) et baisserait très légèrement aux heures dites creuses (entre 10 heures et 17 heures). Avant tout commerçants, les chauffeurs de taxis seraient donc incités à travailler pendant le rush. Des taxis moins chers en journée permettrait également de populariser leur utilisation car en France, ils restent perçus comme un luxe. "Il faut faire comprendre aux gens que le taxi est un moyen de transport en commun comme un autre" explique-t-on à la mairie de Paris. Et dans ce domaine, beaucoup reste à faire. Un seul chiffre, les taxis n'assurent dans la capitale que 2% des déplacements quotidiens. Et l'argument du prix, souvent avancé, ne tient pas. Dans ce domaine, Paris figure dans la moyenne et rentrer du théâtre en taxi coûte beaucoup plus cher à Londres ou à Rome.
Sollicité début juin, le ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy a donné son accord la semaine dernière au projet de Bertrand Delanoë. Les services de la Ville et ceux de la Direction générale de la concurrence se réuniront à la rentrée pour finaliser cette réforme du prix des courses. Objectif de la mairie de Paris : appliquer ces nouveaux tarifs au début de l'année prochaine.
Mais du côté des chauffeurs de taxis, on n'affiche pas le même optimisme. Si cette réforme des tarifs est une de leurs vieilles revendications, elle ne constitue pour eux qu'une réponse partielle à un problème plus global. "Ce projet ne va rien régler si l'on ne s'attaque pas au gros point noir à Paris, la circulation. Si on créait une voie de redescente des deux aéroports vers Paris, on permettrait aux chauffeurs de revenir travailler dans la capitale le matin ou le soir et la pénurie de taxis serait enrayée. Tant qu'ils seront bloqués dans les embouteillages, les Parisiens n'auront pas de taxis" explique Alain Estival, le président de la Fédération nationale des artisans du taxi.
Selon lui, les clients ne seront vraiment satisfaits que lorsque la préfecture de police de Paris et la mairie travailleront réellement à une vraie modernisation de la profession. Faciliter l'accès aux gares, développer et rénover les bornes de taxis ou encore modifier l'emplacement de certains feux-rouges qui bloquent la circulation, voilà quelques initiatives qui iraient dans ce sens.
Quant au vœu de la mairie de présenter ces tarifs plus chers aux heures de pointe dès l'an prochain, le représentant des taxis indépendants n'y croit pas. "On ne peut pas demander aux chauffeurs de changer à la main les tarifs toutes les deux heures. Il va donc falloir automatiser les compteurs de 15 000 taxis parisiens, ce qui prend beaucoup de temps. L'application des ces nouveaux tarifs dans quelques mois, je n'y crois pas, c'est irréalisable."
Comparatif du prix des taxis dans les capitales (par km parcouru) |
Lisbonne 0,30 euros
New York 0,32 euros
Athènes 0,35 euros
Paris 0,61 euros
Madrid 0,67 euros
Bruxelles 1 euro
Copenhague 1,5 euros
Amsterdam 1,8 euros
Rome 2 euros
Londres 2,1 euros
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