"Donner d'une main, reprendre de l'autre"

Par , le 02 juillet 2004 à 17h09 , mis à jour le 02 juillet 2004 à 18h59

Patrick Dangelser, restaurateur et Président du syndicat des hôteliers et restaurateurs de la Nièvre, salue l'accord conclu jeudi sur une hausse de 11% du Smic hôtelier. Il regrette toutefois que les bénéfices d'une baisse de la TVA passent entièrement dans une hausse de salaire.

restaurant cuisine tva © INTERNE

tf1.fr : Que vous inspire l'accord passé jeudi soir entre la profession et les syndicats sur une hausse de 11% du smic hôtelier ?

Patrick Dangelser (1) : De toutes façons, on ne pouvait pas y échapper. Il fallait que l'on se remette à niveau par rapport aux autres professions. Le métier connaît un vrai problème de recrutement et c'est important de revaloriser son image. Cela passe évidemment par le salaire. Mais, ce qui me choque, c'est que l'on reprend d'une main ce que l'on nous donne de l'autre. La hausse des salaires risque de compenser l'aide à l'emploi (2) dont nous bénéficions en attendant une baisse de la TVA.

tf1.fr : Dans le cadre de votre restaurant, savez-vous combien va vous coûter cette hausse des salaires ?

Patrick Dangelser : Je n'ai pas encore fait le calcul. Nous employons beaucoup de personnes en temps partiel ou de saisonniers pour l'été. Sur une année, cela équivaut à cinq ou six emplois à temps plein. Leurs salaires sont supérieurs au Smic mais de toutes façons, il va falloir revoir tout cela à la hausse. Il est normal que les salariés de la restauration bénéficient indirectement de la baisse de la TVA par une hausse de salaires. Mais pour nous, c'est quasiment une opération blanche. Grâce à l'aide à l'emploi, je devrais avoir 120 euros par mois et par salarié, ce qui équivaut à peu près aux 11% de salaire négociés jeudi.

tf1.fr : L'octroi d'une semaine supplémentaire de congés payés vous semble-t-il une bonne alternative aux 35 heures ?

Patrick Dangelser : Réduire le temps de travail à 35 heures par semaine dans une chaîne de restaurants et dans les grandes villes n'est pas très compliqué. En revanche, dans des régions comme les nôtres où l'activité est très saisonnière, c'est impossible. Dans notre cas donc, une sixième semaine de congés payés est sans doute une bonne solution. Reste à s'entendre avec notre personnel pour qu'ils la prennent à des périodes où l'activité est faible. S'ils souhaitaient poser leur congés en juillet ou en août, cela serait évidemment problématique.

(1) Patrick Dangelser, propriétaire de l'hôtel-restaurant Le Lion d'or à Château-Chinon dans la Nièvre et Président départemental de l'UMIH, principale organisation patronale.

(2) D'un montant de 1,5 milliard d'euros, l'aide à l'emploi" a été décidée par le gouvernement au printemps en faveur des restaurateurs en attendant une baisse de la TVA. Ces derniers réclament depuis longtemps un baisse de la TVA dans leur secteur afin de revaloriser les salaires et baisser les prix.

Par Sophie Lutrand le 02 juillet 2004 à 17:09
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