Une hausse du smic oui mais en deux temps

Par , le 28 juillet 2004 à 15h46 , mis à jour le 28 juillet 2004 à 19h12

Le Premier ministre a déclaré mercredi qu'il envisageait d'étaler sur deux ans la hausse du smic prévue en 2005. Il s'agirait de faire des économies sur les allègements de charges consenties pour ne pas pénaliser les entreprises qui doivent revaloriser les plus bas salaires.

Dclaration de JeanPierre Raffarin propos du budget de ltat © Manreo

Jean-Pierre Raffarin s'est dit favorable mercredi à ce que la hausse du Smic normalement prévue en 2005 soit reportée pour moitié en 2006. Objectif : faire des économies sur des allègements de charges accordés aux entreprises dans le budget 2005. L'augmentation normalement prévue en 2005, que le Premier ministre a chiffrée à 8%, pourrait ainsi être répartie pour moitié (4%) le 1er juillet 2005 et ensuite étalée pour moitié (encore 4%) le 1er juillet 2006.

Le Premier ministre a cependant précisé que la décision n'était pas définitivement arrêtée. "Nous en discuterons avec les parlementaires", a-t-il déclaré. "Je ne suis pas favorable à une année blanche pour l'augmentation du Smic" en 2005, a d'ailleurs prévenu le Premier ministre lors de la conférence de presse qui clôturait la session parelementaire.

Pouvoir d'achat

L'étalement pour moitié de la hausse du Smic doit permettre de faire des économies dans le cadre du projet de budget 2005 de 1,2 milliard d'euros sur les allègements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires. Ces allègements ont été créés dans le but de ne pas pénaliser les entreprises qui doivent revaloriser les salaires de base en fonction de la hausse du Smic. Ce poste a déjà absorbé 17 milliards d'euros cette année et devait théoriquement augmenter de 2,4 milliards en 2005. Le report pour moitié de la hausse du Smic devrait donc permettre d'économiser la moitié 1,4 milliard d'euros. 

La CFDT "s'oppose fermement à la proposition du Premier ministre d'un étalement sur deux ans de l'harmonisation des Smic". Selon la CFDT, un étalement de la hausse du Smic "remettrait en cause les engagements du gouvernement pris en 2002 au détriment du pouvoir d'achat des salariés et de la croissance". Pour la CGT, cette mesure s'attaquerait "à une population sous-smicardisée en situation d'urgence sociale absolue". FO demande elle "que soient respectés les engagements du gouvernement Raffarin en matière de revalorisation des Smics au 1er juillet 2005".

Photo : Jean-Pierre Raffrin lors de la conférence de presse du 28 juillet 2004

Par Sophie Lutrand le 28 juillet 2004 à 15:46
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