Restauration : augmentation du smic et des congés

Par afp, le 02 juillet 2004 à 08h55 , mis à jour le 02 juillet 2004 à 09h00

Les syndicats FO, CFTC et CFE-CGC des hôtels, cafés et restaurants, et la principale organisation patronale, l'UMIH, se sont mis d'accord jeudi soir pour une hausse du smic hôtelier de 11%, et pour instaurer une 6e semaine de congés payés.

[Expiré] [Expiré] Cuisine Restaurant restauration chef cuisinier hcr (AFP) © AFP

Les syndicats FO, CFTC et CFE-CGC des hôtels, cafés et  restaurants, d'une part, et l'UMIH et le Groupement national des chaînes, d'autre part, ont signé un "relevé de décisions" pour un accord prévoyant "la généralisation de la hausse du smic hôtelier de l'ordre de 11% et l'équivalent d'une sixième semaine de congés payés", a annoncé jeudi soir André  Daguin, président de l'UMIH, la principale organisation patronale. L'accord devrait être signé le 13 juillet prochain. La CGT et la CFDT n'ont pas signé, tandis que les représentants des PME ont quitté la table des négociations, en raison d'un désaccord sur les congés supplémentaires.

La signature de l'accord de branche par les trois syndicats devrait  généraliser la hausse du smic, qui sera alors rendue obligatoire pour "tous les  professionnels, hôteliers, cafetiers et restaurateurs", a poursuivi André Daguin, qui a estimé pourvoir "recruter un peu mieux" dans un secteur où il manque "70 000 emplois par an". Le smic hôtelier, qui sera aligné sur le smic normal, donc supprimé, va augmenter de 11%.

240 000 smicards

"Dans notre secteur, quelqu'un au smic gagnera 1500 euros par mois (pour 39 heures), contre 1200 euros ailleurs (pour 35 heures)", s'est félicité André Daguin. Environ 240 000 salariés sur les 600 000 du secteur sont payés au smic hôtelier. Ce dernier est inférieur de 5,2% au smic normal en raison des avantages en nourriture déduits de la feuille de paie. Ces avantages en nourriture seront maintenus pour les salariés.

La hausse du smic est une contrepartie à "l'aide à l'emploi" octroyée par l'Etat aux professionnels du secteur, d'un montant de 1,5 milliard d'euros, en attendant la baisse de la TVA. L'aide à l'emploi a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale le 24 juin dans le cadre d'une série de mesures présentées par le ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, pour soutenir la consommation et l'investissement.

Préjudiciable aux PME ?

Les représentants patronaux des PME s'étaient montrés favorables à la hausse du smic hôtelier, mais avaient en revanche jugé les cinq jours de congés supplémentaires "insupportables pour les PME". Pour le Synhorcat, la deuxième organisation patronale, et deux autres organisations représentant les PME (la CPIH et la Fagit), la "conséquence immédiate" de l'accord "serait la disparition des PME représentant plus de 95% de ce secteur qui forme l'essentiel du tissus économique", a affirmé l'organisation patronale dans un communiqué.

"Les cinq jours de congés ne coûteront rien à certains grands groupes, représentés par l'UMIH. Mais pour les PME, cela coûtera plus cher qu'un accord sur les 35 heures, c'est absurde", a déclaré Didier Chenet, président du Synhorcat. L'accord sur les 35 heures dans le secteur, signé en 2001, avait été gelé en décembre 2002 par le gouvernement Raffarin II, pour une durée de deux ans. "La sixième semaine de congés payés, c'est une manière d'abandonner l'idée des 35 heures mais en gagnant plus", a estimé José Castro de FO.

(Image AFP)

Par afp le 02 juillet 2004 à 08:55
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