Seb veut revenir à la semaine de 38 heures

Par , le 22 juillet 2004 à 11h04 , mis à jour le 22 juillet 2004 à 22h22

Le spécialiste de l'électroménager, Seb, aurait demandé à ses salariés de repasser à 38 heures de travail hebdomadaire. Une décision que les ouvriers ne comprennent pas alors que l'activité est moindre et qu'un plan social est déjà prévu.

DR © INTERNE

Après Doux et Bosch, Seb mais aussi le spécialiste des volailles Doux seraient à leur tour touché par l'allongement du temps de travail. Selon le quotidien Libération de jeudi, la société Seb qui a racheté en 2001 son concurrent Moulinex, aurait dénoncé "en début d'année l'accord sur les 35 heures conclu en 1998". Le groupe installé dans les Vosges souhaiterait "porter le temps de travail à 38 heures, tout en maintenant la flexibilité", écrit Libération. Seb agiterait le chiffon de la compétitivité de la Chine où le spécialiste de l'électroménager a une usine. La menace de la délocalisation ne serait pas formulée mais présente dans tous les esprits. Or, dans le cadre du regroupement de deux usines, celle du Syndicat et celle de Vecoux, 157 postes seraient menacés par un plan social. Augmenter le temps de travail quand les carnets de commande sont moins fournis, "cela revient à signer pour un nouveau plan social", selon Michel Vaxelaire, délégué FO.

"Les employés récupèreraient les 2% à 3% de leur salaire perdus en 1998 mais pas leurs primes d'équipes", selon les propos du syndicaliste rapporté par Libération. Les négociations sur l'augmentation du temps de travail devraient reprendre à la rentrée pour aboutir en 2005 selon ce dernier.

"Une nécessité"

Par ailleurs, le groupe Doux, premier producteur de volailles en Europe devait annoncer ce jeudi les détails d'un plan qui remet en cause l'accord sur les 35 heures. Jusqu'à présent les salariés du groupe qui se trouve en Bretagne disposaient de 23 jours de RTT contre un maintien des 39 heures par semaine. Mais aujourd'hui, les allègements de charges ayant pris fin, l'entreprise a décidé d'appliquer la règle stricto sensu : 35 heures par semaine sans jours de RTT ni paiement des heures de pause.

Et les exemples de remise en cause des RTT fleurissent ces jours-ci : dans le Doubs, c'est une partie des 250 salariés de la société de dépoussiérage industriel Cattinair qui a accepté, via une consultation, de travailler au-delà des 35 heures hebdomadaires sans compensation financière. Objectif : améliorer la productivité de l'entreprise. Les cadres et techniciens de la société ont accepté la proposition à 79% contre 46% des techniciens. Les journées de RTT passeront de 22,5 jours à 11 jours. de la direction d'augmenter le temps de travail au-delà de 35 heures tandis que les ouvriers ont refusé. "C'est une nécessité, non seulement pour Cattinair mais pour l'Europe entière, face à la concurrence des pays de l'Est et de la Chine", a indiqué Klavs Kaas-Rasmusseen, directeur général de l'entreprise.

Photo : ex-salariées de Moulinex devant leur usine d'Alençon en novrembre 2002.

Par Sophie Lutrand le 22 juillet 2004 à 11:04
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