© AFPDans un mois, les caisses de la compagnie aérienne italienne Alitalia seront vides. Constat effrayant rendu public par la direction lundi, qui a déclaré que les liquidités du groupe s'élevaient seulement à 72 millions d'euros, dont 50 nécessaires pour payer les salaires de septembre des 22 000 salariés. Quant à la compagnie, ses liquidités s'élèvent à 120 millions d'euros. L'endettement net du groupe s'est aggravé depuis le début de l'année à 1,6 milliard d'euros et celui de la maison mère Alitalia, 1,7 milliard. En conséquence, le titre côté en bourse s'est effondré à Milan mercredi pour atteindre son minimum historique à 0,1875 euro.
L'avenir du groupe en suspens, le gouvernement italien se dit prêt à se porter garant de la compagnie pour l'obtention d'un crédit de 400 millions d'euros. Mais à la condition expresse que cette dernière parvienne à se restructurer en obtenant des concessions des syndicats. La limite du 15 septembre a été fixée pour y parvenir. Visée en premier lieu : la productivité du personnel, jugée insuffisante. Les propositions de la direction modifient notamment la situation des assistants de vol et les heures d'astreinte. Mais les syndicats les ont jugées "irrecevables".
Giancarlo Cimoli, le dirigeant d'Alitalia, affiche malgré tout son optimisme. Le communiqué du conseil d'administration mentionne des possibilités de reprise de la compagnie et des perspectives favorables, avec "l'amélioration du réseau et des politiques commerciales" qui permettent d'espérer "des signes concrets d'inversion de la tendance dès la prochaine saison hivernale". Le gouvernement italien se veut quant à lui encourageant mais il souligne, par la voix du vice-Premier ministre, qu'il faut pour la compagnie "alléger les coûts, rationaliser et travailler plus".
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