Flambée historique du pétrole

Par P.M., le 18 août 2004 à 16h37 , mis à jour le 19 août 2004 à 15h59

Le cours du pétrole s'est hissé à des niveaux record mercredi, clôturant à 47,27 dollars à New York. La crise irakienne, la faillite annoncée du géant Ioukos et les faibles réserves américaines expliquent cette situation.

wall street NYSE bourse trader © INTERNE

Où s'arrêtera l'ascension du cours du pétrole ? Mercredi à New York, le baril de brut a terminé pour la première fois au-dessus de 47 dollars, à 47,27 dollars, après être monté juste avant la fin de la séance à 47,39 dollars, nouveau record absolu. Après le référendum au Venezuela, confortant le président Chavez à la présidence du cinquième producteur mondial, certains spécialistes avaient poussé un "ouf" de soulagement, pensant que le plus dur était passé. Mais d'autres informations contradictoires ont tempéré les espoirs.

Nerveux, les investisseurs ne savaient mercredi soir s'ils devaient s'inquiéter ou se réjouir de l'état des réserves américaines de brut et d'essence : une baisse est constatée, certes, mais elle est moins importante que prévu. En revanche, la demande de fuel croît plus fortement que les stocks, ce qui n'est pas bon signe du tout. Le passage dévastateur des ouragans Bonnie et Charley dans le golfe du Mexique où se trouvent les raffineries n'a rien arrangé. La crainte de nouveaux ouragans d'ici l'hiver animait donc les marchés.

L'OPEP s'engage

Par ailleurs, les investisseurs accueillaient avec prudence l'accord du chef chiite irakien Moqtada Sadr aux conditions posées par la Conférence nationale irakienne sur le désarmement de sa milice et le retrait de la ville sainte de Najaf. Les combats associés aux attentats et aux menaces des miliciens chiites de Moqtada Sadr contre les oléoducs ont réduit de moitié les exportations par le sud du pays. La trêve pourrait n'y rien changer. Les experts doutaient également des assurances de l'Arabie saoudite selon lesquelles elle peut compenser toute interruption de l'approvisionnement mondial, même si l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a annoncé que sa production sera "plus qu'adéquate" pour couvrir la demande au cours de la fin de l'année 2004 et en 2005.

Enfin, en Russie, les difficultés du géant Ioukos rendent de plus en plus hypothétiques ses chances de survie. Le groupe a encore connu un nouveau revers judiciaire, la Cour d'arbitrage de Moscou ayant rejeté sa demande de suspendre le processus de recouvrement de sa dette fiscale. Le fisc russe a même entamé une vérification des impôts versés par la principale filiale du groupe, Iouganskneftegaz, pour l'année 2002, qui pourrait encore alourdir la dette fiscale du groupe. Cet imbroglio a conduit le directeur financier de Ioukos, Bruce Misamore, à envisager une mise en faillite : "Si nous sommes insolvables parce que nous n'avons pas assez de liquidités pour payer nos factures, nous devrons nous déclarer en faillite. Je crois que c'est très probable". Face à cette conjonction de facteurs dégradés, nombre d'analystes échafaudent des scénarios catastrophes et imaginent un cours du baril de pétrole autour de 50 euros.

Par P.M. le 18 août 2004 à 16:37
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