© INTERNEIl n'y aura pas étalement de la hausse du smic sur 2006, comme le Premier ministre l'avait envisagé début juillet. Matignon l'a annoncé jeudi à l'issue d'une réunion entre Jean-Pierre Raffarin, le ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, et le secrétaire d'Etat au Budget, Dominique Bussereau. La revalorisation des différents niveaux de smic est de 8% au 1er juillet 2005. C'est une belle victoire pour Jean-Louis Borloo, le ministre de la Cohésion sociale, qui assurait encore dans Le Monde daté de vendredi que le redémarrage de la croissance s'appuyait notamment "sur la hausse sans précédent du smic, avec les baisses de charges sociales associées".
Sur ce dernier point aussi, le ministre paraît avoir convaincu ses collègues. "L'effort global de l'Etat en faveur des allègements des charges sociales et fiscales sera maintenu et renforcé, car cette action est essentielle pour l'attractivité de notre pays, pour lutter contre les délocalisations et favoriser l'emploi", indique en effet le communiqué de Matignon, qui précise néanmoins que "des adaptations seront cependant effectuées pour mieux cibler les efforts de l'Etat". Si l'enveloppe des allègements de charges sur les bas salaires restera à 17,1 milliards d'euros, les aides aux entreprises sur les bas salaires seront supprimées en 2005 au-dessus de 1,6 smic au lieu de 1,7 actuellement, a-t-on appris à Bercy.
"Arbitrage équilibré"
Partisan d'une "utilisation des fruits de la croissance pour réduire la dette", le ministre de Economie avait été pris à partie par son collègue de la Cohésion sociale qui avait déclaré "préférer mettre rapidement quatre millions de personnes au travail que de rembourser la dette tout de suite". Dans la matinée, au terme du conseil des ministres de rentrée, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, avait temporisé, estimant qu'il était possible de combiner réduction de la dette et lutte contre le chômage, "deux priorités du gouvernement". Nicolas Sarkozy trouvera-t-il satisfaction dans le fait "que les dépenses de l'Etat n'évolueront pas plus vite que l'inflation l'année prochaine", ainsi que le souligne le communiqué de Matignon ?
Jean-Pierre Raffarin, soucieux de dissiper l'impression de tensions au sein de son équipe, s'est affiché, décontracté, au côté de Nicolas Sarkozy sur le perron de Matignon à l'issue de la réunion. "On est d'accord", a renchéri ce dernier. "L'arbitrage est équilibré" entre Bercy et les Affaires sociales, a-t-on également souligné dans l'entourage du Premier ministre en relevant que les fruits de la croissance, qui s'est avérée meilleure que prévue durant l'été, allaient être "partagés". Bercy s'est aussi déclaré "satisfait" de l'arbitrage en notant que l'enveloppe des allègements de charges sur les bas salaires restera à 17,1 milliards d'euros en 2005 comme cette année.
(Image d'archive : Jean-Pierre Raffarin)
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