© e-TF1Depuis qu'elles se sont lancées à l'assaut des parts de marchés des grandes compagnies aériennes, les compagnies à bas coûts ("Low-cost" en anglais), ont mis en œuvre des stratégies marketing hyper agressives en terme de prix. Le concept initial repose sur une optimisation maximale des coûts. Moins de bureaux, de personnels et utilisation systématique de sites internet pour la vente et la communication. A l'arrivée, les billets sont vendus à des prix très bas, mais à un nombre croissant de clients. Résultat, en quelques années, les champions du secteur comme EasyJet, pèsent autant en bourse que la plupart des compagnies traditionnelles. Les fonds levés sur les marchés ont notamment permis à cette compagnie britannique d'investir massivement dans une flotte d'airbus neufs, et de se développer tous azimuts en Europe.
Malgré tous ces avantages, depuis quelques semaines, les "Low cost" sont elles aussi confrontées à l'explosion du prix du pétrole sur les marchés mondiaux. Les grandes compagnies nationales n'ont pas tardé à réagir. Dans un bel ensemble, plusieurs des géants du secteur aérien ont appliqué une surtaxe à leurs billets, pour compenser la hausse du kérosène qui représente environ 10% de leur chiffre d'affaires. Les Low cost, elles, ont décidé de faire le gros dos et refusent systématiquement de répercuter la hausse du carburant sur le prix des billets.
Pas d'augmentation des tarifs
Seulement voilà, l'avantage que procure aux low-cost l'extrême compétitivité de leur structure de coûts n'est pas illimité. Selon un analyste financier, à l'inverse des compagnies traditionnelles, la facture de carburant représente le premier poste de dépense de ces champions de l'économie, avant les charges de personnels, soit entre 18 et 19% du chiffre d'affaires."
Pire, les deux principales low-cost européennes, RyanAir et EasyJet, "soucieuses d'économiser sur leurs achats anticipés de carburant, n'ont pas pris de couverture (sorte d'assurance à laquelle les compagnies souscrivent pour se prémunir, sur une période donnée, de l'augmentation du prix du carburant) au-delà de l'automne prochain, ce qui promet d'accroître l'impact de la flambée du brut sur leurs résultats". "Entre septembre et novembre, easyJet et Ryanair n'auront plus de couverture", précise l'expert. Les dirigeants de ces nouveaux géants seront alors confrontés à un besoin urgent de revenus annexes. Pour cela les passagers devront payer toute prestation autre que le simple transport, le téléphone, la TV, les films à bord.
Par ailleurs, nul doute que les managers de toutes les compagnies garderont l'œil rivé sur les décisions du cartel des pays producteurs de pétrole (Opep), et sur la situation en Irak, au Vénézuéla, ou tout autre paramètre qui pourrait peser à la baisse sur le prix du kérosène.
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