
Les producteurs de tomates et, avec eux le ministre de l'Economie, ont été rappelés à la dure loi du marché jeudi. Depuis trois jours, les cultivateurs français essayaient de faire respecter un prix de vente minimum de 85 centimes d'euro le kilo, une solution prônée par l'administration pour enrayer la chute des prix.
Déjà très contestable au regard du droit sur la concurrence, le système n'a pas résisté aux importations - belges, notamment -, bien moins chères, mais aussi aux prix cassés des producteurs dissidents. Cette semaine, on trouvait aisément sur le marché des cultivateurs proposant leurs tomates à 30 centimes le kilo.
"Suicidaire"
Jeudi, à contrecœur, les producteurs se sont résignés à abaisser le prix minimum à 50 - 60 centimes d'euro, en dessous du coût de revient. Mais lors d'une réunion de trois heures avec l'administration et la distribution, les producteurs ont menacé de renoncer purement et simplement au prix minimum si l'Etat n'accordait pas d'aides pour les stocks d'invendus.
"Sans une gestion des invendus, ce système est suicidaire", avait insisté Pierre Diot, président de la Section nationale tomates, qui représente 70% des producteurs. De son côté, la FNSEA a réclamé "un dispositif pour rétablir le coefficient multiplicateur", c'est-à-dire l'encadrement des marges de la distribution.
Désespoir
Jeudi soir, le ministère n'avait pas donné de réponse à ces deux propositions et les producteurs semblaient de plus en plus divisés sur la question du prix minimum. Ainsi, la tomate, seul secteur a avoir réussi à s'entendre à la différence du melon, de la pêche ou de la nectarine, paraissait replonger dans la crise, à la joie à peine dissimulée des grands négociants.
Mais la colère et le désespoir n'en sont que plus importants et l'on s'attendait à de nouvelles actions du type de celle de Lecoutre dans le Gers où 150 agriculteurs de la Coordination rurale ont investi mercredi une centrale d'achat du Gers pour y détruire des milliers de fruits.
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