Les saoudiens au chevet des marchés pétroliers

Par RG, le 11 août 2004 à 17h16 , mis à jour le 12 août 2004 à 11h44

La flambée du cours du brut a mis l'univers du pétrole en ébullition. Alors que le baril a déjà enfoncé à la hausse le seuil des 45 dollars, l'Arabie Saoudite a tenté de calmer les marchés en promettant une augmentation de sa production.

reunion opep petrole © INTERNE

Alerte rouge sur la planète pétrole. Jeudi matin à Londres, le cours du pétrole Brent battait un nouveau record en ouvrant la séance à 41,82 dollars le baril. Toutes les autres séances de la semaine, tant à New York qu'à Londres ont "été électriques." Le seuil symbolique des 45 dollars le baril a tout d'abord été franchi mardi, sur le marché spécialisé des matières premières, le célèbre New York mercantile exchange (Nymex). Mercredi, la séance a été tout aussi spectaculaire en terme de volatilité. Après avoir flirté, puis passé la barre des 45 dollars, le baril de brut de référence "light sweet crude" (pour livraison en septembre) perdait du terrain, grâce aux déclarations volontaristes de l'Arabie Saoudite en faveur d'une augmentation de sa production. Pour finir, vers 22h00 (heure française) il affichait un gain de 28 cents à 44,80 dollars à la clôture du marché new-yorkais. 

Selon un spécialiste du marché du brut interrogé par tf1.fr, "même si l'impact des facteurs géopolitiques récurrents comme l'Irak ou les problèmes de production au Nigéria est indéniable, cette barrière des 45 euros que les traders n'imaginaient même pas tutoyer il y a une semaine, a surtout volé en éclat sous les coups de boutoir d'échanges, dopés par une spéculation frénétique, de certains fonds d'investissement."

Mercredi l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) était sur la même longueur d'ondes, et tentait de relativiser cette envolée du cours du pétrole. Selon les experts de l'AIE, "le marché du pétrole est certes tendu, mais il fait surtout preuve d'exubérance irrationnelle" lorsqu'il propulse les cours à 45,04 dollars le baril alors que des marges de sécurité sont encore disponibles en cas de perturbation.

Plus de brut saoudien en vente

L'AIE se veut également rassurante quant au feuilleton Ioukos, en Russie. Ce thriller financier à la sauce moscovite ne devrait pas, selon elle, conduire à un arrêt prolongé de la production du géant russe en délicatesse. "L'entreprise pourrait être amenée à l'avenir à la faillite, mais même alors, le maintien sous tutelle des opérations et du flux de revenus a de bonnes chances d'être une priorité." Pour appuyer son propos, l'agence a souligné que les pays producteurs de pétrole, conscients de la rapide croissance de la demande mondiale, travaillaient à accroître leurs capacités de production. Comme pour lui donner raison le ministre saoudien du Pétrole Ali Al-Nouaïmi affirmait mercredi vers 17h00, que son pays était prêt à augmenter "immédiatement" sa production de 1,3 million de barils par jour, pour empêcher une pénurie et des prix trop élevés. Grâce à cette marque de bonne volonté, les marchés pétroliers lâchaient immédiatement du lest.

Malgré cette embellie très ponctuelle, mercredi soir, plusieurs analystes semblaient d'accord sur le fait que les cours du brut pourraient à nouveau flamber à la moindre mauvaise nouvelle en provenance d'un gros producteur. Dans ce cas, selon un trader londonien (qui souhaite garder l'anonymat), "le seuil des 50 dollars le baril deviendrait un scénario plausible", et tous les pays producteurs ne s'en plaindront pas, loin de là".

Images archives LCI : réunion de l'Opep

Par RG le 11 août 2004 à 17:16
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