© INTERNELes aléas de l’affaire Ioukos continuent à alimenter la fièvre des marchés. Vendredi, des sources financières ont affirmé que les caisses du groupe pétrolier étaient vides après la saisie par le fisc russe de 900 millions de dollars au titre de remboursement d’arriérés d'impôts. Une menace directe sur les activités du groupe acculé à la faillite à très brève échéance. Ioukos doit en effet régler l’acheminement de ses exportations par oléoducs avant la mi-août au réseau russe Transneft ; quant à ses exportations par rail, elles ne sont payées que jusqu’au 10 août. Les activités de production ne seraient théoriquement pas touchées par ce manque de liquidités ; mais si les moyens de transports venaient à manquer, la production serait rapidement limitée par les capacités de stockage de Ioukos. Une éventualité qui fait peser une nouvelle menace sur l’approvisionnement mondial de brut. Le groupe a cependant remporté le même jour une victoire relative en faisant annuler la saisie de sa filiale Iouganskneftegaz, son principal instrument de production, par la cour arbitrale de Moscou. Une victoire qui risque de n'être que temporaire...
Conséquence, l’action Ioukos a chuté vendredi à la Bourse de Moscou (elle a clôturé la journée en baisse de 7% à 109,79 roubles), et le cours du brut s’est envolé de nouveau. Il ne s'est replié que tardivement sous les 44 dollars vendredi en clôture à New York, après avoir atteint de nouveaux records le même jour, dans un marché toujours très inquiet. Le brut de référence américain, pour livraison en septembre, a clôturé sur une perte de 46 cents à 43,95 dollars, après avoir atteint un nouveau sommet historique de séance à 44,65 dollars plus tôt et un nouveau record absolu à 44,77 dollars lors des échanges électronique précédent l'ouverture du New York Mercantile Exchange (Nymex).
Les hésitations de l’OpepAutre facteur d’inquiétude des marchés, les incertitudes provoquées par le cas Ioukos ont mis en évidence l’incapacité de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à contrôler les cours, une situation qui ne semble pas devoir s’inverser à brève échéance et qui rend plausible l’hypothèse d’un baril prochainement à 50 dollars. L’Opep a multiplié cette semaine les messages contradictoires au sujet de sa capacité de réaction. Dernière déclaration en date, le président du cartel pétrolier, l'Indonésien Purnomo Yusgiantoro, a indiqué vendredi que l’organisation est prête à augmenter sa production de brut si nécessaire pour apaiser la flambée des cours. En précisant toutefois que la décision ne sera pas prise avant la prochaine réunion de l’Opep en septembre…
Les marges de sécurité semblent donc réduites si un pays producteur de pétrole venait à faire défaut. Or, outre la Russie avec l’affaire Ioukos, nombre d'entre eux traversent actuellement des phases d'instabilité, que ce soit l'Irak, le Nigeria… ou le Venezuela, où la prochaine tenue d'un référendum dont pourrait dépendre la stabilité politique du pays suscite là aussi des inquiétudes marquées.
Photo d’ouverture : policier russe devant un immeuble de Ioukos - archives
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