© INTERNETiscali, le géant italien des opérateurs internet et éternel challenger en Europe, vacille. Avec 65 millions de perte ce semestre et une dette de 250 million d'euros d'obligations à honorer pour juillet 2005, il annonce une restructuration importante de ses actifs pour éviter la faillite. Après la confirmation de son retrait de la Norvège, la Suisse et l'Afrique du Sud, le groupe entend désormais se désengager du Danemark, de l'Espagne, de l'Autriche et de la République Tchèque.
"Nous sommes prêts à sacrifier une jambe pour sauver le reste du corps" a déclaré son nouveau dirigeant, le néerlandais Ruud Huisman. Ce dernier a pris la direction du groupe après le départ du fondateur historique, Renato Soru, qui voulait se consacrer à la politique. Face à ces difficultés, son cours en bourse s'effondre : à l'annonce de ses résultats jeudi, le titre a plongé à 2,43 euros, soit une perte de plus de 50% de sa valeur avec une vente d'environ 8% du capital.
Le fournisseur d'accès veut maintenant se consacrer à ses cinq principaux marchés : l'Italie, la France, le Royaume-Uni, le Benelux et l'Allemagne.
Une stratégie non payante
Comment l'opérateur en est-il arrivé là ? Pour beaucoup, sa stratégie d'implantation systématique dans toute l'Europe est à l'origine de ses problèmes. Un ancien collaborateur de Tiscali évoque notamment sa politique de rachat à des prix "pas toujours raisonnables" d'opérateurs aux contenus diversement intéressants. Sa volonté d'être le challenger dans chaque pays d'implantation l'a amené à engager de nombreux frais qui ne se sont pas révélés lucratifs.
Toutefois, la confiance ne quitte pas le dirigeant du groupe qui ne veut pas entendre parler pour l'instant de reprise : "nous n'avons pas besoin d'un acheteur" a-t-il précisé. "Le nombre de nos clients augmente à vue d'œil. Nous aurons 1,7 millions de clients ADSL d'ici la fin de l'année et nous pensons améliorer notre offre", annonçant ainsi avoir triplé le nombre de ses abonnés de haut débit en Europe en un an. Récemment encore, le groupe continuait à mener son action de lobby pour favoriser la concurrence dans ses pays d'implantation. En France notamment, il a été un des principaux acteurs de la demande de dégroupage, afin de pouvoir couvrir l'abonnement téléphonique dans ses offres.
Malgré ces efforts, le scepticisme sur l'avenir du groupe se ressent sur les marchés financiers : la banque américaine Goldman Sachs a notamment révisé à la baisse sa recommandation sur Tiscali en la faisant passer de "superformance " à "en ligne".
(Photo : archives)
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